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ANENG AN850/AN860 - MULTIMETRE

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Il s'agit d'un 870 mais la page vaut aussi pour le 850/860

Appareil : Multimètre numérique
Date : années 2015 environ
Marque : Aneng
Type : AN850, AN860 (et AN870)

Mode d'emploi en français

Retour d’expérience sur le multimètre Numérique Aneng 860/870

J’ai acheté ce multimètre numérique, peut-être vers 2018 (cette page est écrite en 2023), pour remplacer un multimètre bogué acheté chez Selectronic (vendu sous la marque Selectronic) il y a bien longtemps. Lui-même était destiné à remplacer d’autres multimètres numériques bien plus ancien, le plus vieux (que j’ai toujours et qui fonctionne toujours) datant du début des années 1980.

En 2023, je me suis dit que publier un avis sur ce multimètre pourrait aider d’autres personnes d’où cette page.

L’avis ne portera que sur l’utilisation de ce multimètre. Pour le reste (gammes de mesure, précision…) il existe d’autres sites dont le résumé peut être exprimé ainsi : l’appareil répond à ses spécifications qui sont plutôt correctes.

Quel usage pour ce multimètre ?

Ce multimètre qui coûtait une trentaine d’euros en 2023 n’a pas la prétention de concurrencer des multimètre professionnels à 300€ ou plus mais il se positionne dans le haut de gamme des appareils d’amateurs avertis (comprendre, des personnes qui ont une pratique régulière de l’électronique dans différents domaines).

Qu’est-ce qui différencie un multimètre professionnel d’un multimètre d’amateur ? Principalement, la robustesse de la construction et la précision. Pour les fonctionnalités, le Aneng dispose de gammes et de fonctions de mesures très étendues et qui vont souvent au-delà de bien des appareils professionnels. Et pour cause.

Souvent, les appareils professionnels sont limités en fonctionnalité simplement parce que dans le milieux professionnel, on ne les utilise pas. Ou du moins pas avec ce type d’appareil.

Un professionnel préfèrera utiliser un appareil dédié pour certaines mesures (par exemple, un capacimètre ou un fréquencemètre ou un oscilloscope) plutôt qu’un appareil à tout faire qui présente certaines limitations par rapport à ceux qui sont dédiés.

Mais dans un contexte amateur, on n’a pas forcément l’envie, les moyens ou la place de disposer d’un équipement dédié pour certaines mesures rares. Le fait que le Aneng propose ces fonctions, même si elles ne sont peut-être pas optimums, est donc un plus.

Personnellement, je n’ai jamais eu de fréquencemètre et lorsque j’ai besoin de mesurer une fréquence, j’utilise aujourd’hui un oscilloscope numérique. Mais pour des raisons pratiques, il m’est arrivé (peu de fois) d’utiliser la fonction fréquencemètre du Aneng plutôt que d’allumer l’oscillo et j’en ai été satisfait.

Ce que j’apprécie dans ce multimètre

Son large écran.

Son importante résolution.

Sa capacité à mesurer de faibles tensions et de faibles courants.

Ses nombreuses fonctionnalités même si je n’en utilise couramment qu’une petite partie.

Sa relative facilité d’usage. Relative car par conception, son sélecteur est limité et le choix d’une fonction donnée impose d’utiliser un autre bouton pour accéder aux autres fonctions déterminées par le sélecteur. Un exemple plus parlant : si vous voulez utiliser la fonction « continuité » (ou sonnette), il faut placer le sélecteur sur la mesure de résistances puis appuyer sur un bouton pour choisir la fonction « continuité ».

Ses différentes sondes même si je ne les utilise que rarement.

Sa réactivité. Malgré le fait qu’il s’agisse d’un appareil automatique (il choisit automatiquement la gamme la mieux adaptée à la mesure), il se positionne assez rapidement sur la gamme la plus adaptée. On peut aussi forcer l’utilisation en manuel si l’on est amené à faire plusieurs mesures dans la même gamme.

La mesure TRUE RMS en alternatif. Mais beaucoup de multimètres proposent cette fonction qui n’étaient réservée auparavant qu’aux modèles haut de gamme.

Ce que j’apprécie moins

MicrontaSa stabilité. Ce n’est pas propre à cet appareil. La plupart des multimètres disposent d’un pied repliable permettant de les utiliser en position verticale. Mais dans cette position, l’appareil est peu stable (il suffit de bouger un peu les câbles de mesure pour qu’il tombe) et le pied lui-même n’est souvent pas très solide.

Dans ce domaine, les seuls appareils qui m’ont donné satisfaction sont ceux qui se posent à plat et qui disposent d’un écran inclinable (ex. le Micronta, cliquez sur l'image pour plus de détail). Les appareils sont stables et on peut bouger les sélecteurs sans les faire tomber. Mais ces modèles ne sont pas courants (en 2023, je n’en ai vu qu’un… très cher). Ou alors, il faut viser les appareils de table beaucoup plus coûteux et suffisamment lourd pour que quand vous appuyez sur un bouton en façade, cela ne fasse pas bouger tout l’appareil.

Sa finition un peu légère. Ceci dit, il est livré avec une coque en silicone qui protège bien l’appareil.

Ses cordons de qualité correcte mais pas aussi souples que des cordons avec isolant silicone.

Certaines imprécisions de la documentation (et en plus pas disponible en français).

Conclusion

Ce Aneng est un appareil tout à fait satisfaisant et à l’époque où il est sorti, un des meilleurs du marché dans sa catégorie et peut-être même le meilleurs dans sa gamme de prix.

Critères pour le choix d'un multimètre d'amateur

Numérique ou analogique ?

Par analogique, je ne considère que les appareils à aiguille « non électroniques » (sans amplification).

Sans hésitation, choisissez un appareil numérique qui est plus solide, plus simple d’usage, plus précis, qui dispose d’une impédance d’entrée plus élevée et qui est en général moins cher qu’un appareil analogique.

Toutefois, il y a un cas où l’appareil analogique peut s’avérer plus pratique : lorsque l’on a besoin de visualiser l’évolution d’un signal (courant ou tension typiquement).

À noter que certains appareils numériques proposent aussi une visualisation analogique (bargraph par exemple) mais si vous avez vraiment besoin de visualiser des variations, un appareil complètement analogique sera préférable.

Enfin, il a existé des appareils analogiques proposant l’affichage numérique des valeurs (chez Métrix, Chauvin et Arnoux, Sew) mais cette solution n’est pas très satisfaisante et est beaucoup plus chère que l’achat d’un appareil de chaque sorte.

Bas de gamme ou moyen de gamme ?

On trouve des multimètres numériques aux alentours de 5 à 10€. Il s’agit d’appareils bas de gamme mais qui peuvent s’avérer largement suffisants pour des usages ponctuels (mesurer une tension de temps en temps ou tester une continuité) sans recherche d’une grande précision.

Dès que l’usage devient un peu plus intensif que quelques mesures par an, on a intérêt à prendre un appareil au minimum mieux construit ce qui amène assez rapidement dans la gamme du Aneng. Et dans ce cas, ce Aneng est un excellent choix.

Automatique ou manuel ?

Avec les appareils manuels, un sélecteur permet de choisir le type de mesure (par exemple, tension, résistance, courant…) ainsi que la gamme la plus adaptée selon ce que l’on mesure (par exemple, 700V, 200V, 20V). Lorsque l’on a un doute, il faut commencer par la gamme la plus élevée puis descendre dans la gamme jusqu’à ce qu’on lise une valeur avec suffisamment de précision.

Avec les appareils automatique, on choisit le type de mesure (tension, résistance…) et l’appareil choisit automatiquement la gamme qui présente l’affichage le plus intéressant.

J’ai longtemps préféré les appareils manuels même si j’ai eu un appareil automatique dès le milieu des années 1980, mais je ne l’utilisais pas ou peu). Avec le Aneng, j’ai changé d’habitude (bien obligé, il est automatique).

De mon point de vue, ce critère de choix n’est pas décisif. Mais si vous choisissez un appareil proposant de nombreuses fonctions, il sera automatique pour la simple raison qu’il n’est pas possible de faire un contacteur manuel facile à utiliser proposant toutes ces fonctions dans toutes les gammes.

À ma connaissance, tous les appareils automatiques modernes proposent une fonction « manuel » permettant le forçage d’une gamme de mesure ce qui peut s’avérer utile (voire, indispensable) dans certaines circonstances.

Neuf ou occasion ?

Étant donné le prix des appareils neufs, je déconseille l’achat d’un appareil d’occasion sauf éventuellement dans le haut de gamme à condition qu’il ait été recalibré avant l’achat.

En particulier, il est bien rare que l’on ne fasse pas de temps en temps des erreurs de mesures (mesurer une tension alors que l’on se trouve en position ohmmètre par exemple). Si les appareils modernes sont censés être protégés contre ces erreurs de mesures, il y a quand même un risque de « choquer » l’appareil et de perdre en précision sans que ce soit facile à détecter dans le cas des appareils d’occasion.

Forme stylo ou pas ?

Eneng A3003

Les progrès de la miniaturisation ont permis de proposer des multimètres se présentant sous la forme de gros stylos. La pointe du stylo forme une des pointes de touche, l’autre étant un cordon branché sur le stylo.

Je n’ai jamais acheté ce genre de multimètre mais j’avoue que j’ai souvent été tenté, n’ayant pas la possibilité de me faire greffer un troisième bras.

Exemple : vous êtes sur un escabeau et vous devez mesurer une tension sur deux fils qui sortent du plafond. Il faut tenir le multimètre d’une main, l’écran étant dirigé vers votre champ de vision, et les deux sondes avec vos deux autres mains. Pas simple…

Avec un modèle stylo, 2 mains suffisent. L’une tient le multimètre dont l’embout est positionné sur un fil, l’autre main tient l’autre sonde positionné sur l’autre fil, et sans avoir à baisser la tête (avec le risque de se casser la figure ou de faire une fausse manœuvre), vous lisez la valeur sur le multimètre tenu par la première main…

Autre exemple : vous mesurez des signaux sur une carte électronique posée sur votre paillasse. Là, pas de problème, le multimètre est aussi posé sur la paillasse et vous ne manipulez que les deux sondes. Sauf que vous devez constamment faire un mouvement de la tête pour passer de la visualisation de la carte électronique à la visualisation de l’écran du multimètre. Et comme par hasard, lorsque vous faite ce mouvement, une des pointes de touche se déplace légèrement et vous ne mesurez plus rien. Voire, vous créez une court-circuit ! Ou parfois, vous devez changer de lunettes pour voir l’écran du multimètre (et là, il faut de nouveau 3 mains).

Néanmoins, on peut faire en sorte que le Aneng tienne la pointe de touche durant une mesure ce qui libère une main. En effet, sa coque de protection en silicone comporte des encoches permettant de ranger les cordons de mesures avec leur pointe de touche. Mais ces encoches permettent également tenir les pointes de touche par leur base, leur pointe dépassant alors du multimètre. Donc on peut associer une des pointes de touche au multimètre, l'autre restant libre et, en faisant en sorte que l'écran du multimètre soit correctement dirigé, lire le résultat de la mesure en même temps qu'on la fait. C'est certes moins pratique (plus gros) qu'un multimètre ayant la forme d'un stylo mais pour un usage occasionnel, ça peut dépanner.

janvier 2023

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