Les machines à coudre
V0.1, Pascal CHOUR - 2021 (en construction)

Comme il m'arrive de réparer des machines à coudre, il a bien fallu que je comprenne comment elles fonctionnaient. L'observation est la première approche, puis, lorsqu'on bute sur quelque chose, on découvre que pleins de sites existent avec une quantité faramineuse d'informations. Et puis, ce qui est nouveau pour moi qui suis plutôt du domaine de l'électronique et de l'informatique, beaucoup de ces sites sont tenus par des femmes. Lorsqu'on vient d'un métier de l'informatique ou 90% des postes sont occupés par des hommes, ça change et c'est agréable.

Bref, l'objet de cette page est de faire un point de plus sur le sujet, par quelqu'un qui ne coud pas (ou très occasionnellement des choses très simples) mais qui essaye de remettre les appareils en état (et qui ne le fait pas que dans le domaine des machines à coudre).

Machines à coudre, de quoi parle-t-on ?

Machines à usage domestique.

Je n'aborderai par la suite que les machines à coudre "domestiques", comprendre, non conçues pour un usage intensif, professionnel ou spécifique.

A propos, qu'est-ce qu'un usage professionnel ? Beaucoup de professionnels utilisent des machines à coudre que l'on trouve parfois chez les particuliers. Mais les professionnels limitent l'utilisation d'une machine donnée à quelques usages pour laquelle elle est performante. Et la machine est invariablement très solide !

Pour rendre les choses plus concrète, je peux citer le cas d'une amie qui était spécialisée dans les coussins. On ne rigole pas. Il y a des personnes très aisées qui sont prêtes à payer très cher un coussin fait sur mesure. D'ailleurs, cette amie travaillait essentiellement avec des architectes... Ou des garagistes (elle a eu à refaire la sellerie d'une ancienne Rolls-Royce).

Son outil principal était une grosse machine à coudre Pfaff qui ne devait faire que très peu de choses mais qui le faisait très bien, avec précision, rapidement et qui était d'une grande fiabilité.

Sa collègue était spécialisée dans les rideaux (idem, travaillant avec des architectes). Elle avait une machine adaptée à cet usage et quand la couture démarrait, ça filait très vite !

Dans le cadre d'un usage domestique, on pourra vouloir faire des coussins, des rideaux et plein d'autres choses mais on ne le fera pas 8 heures par jour 210 jours par ans. On cherchera donc une machine qui couvre les besoins que l'on a identifié et qui peuvent être plus variés que ceux d'un professionnel spécialisé dans un domaine.

Les machines qui répondent à ce besoin sont par nature les machines à coudre à usage domestique.

Mécaniques, électriques, électroniques

Il existe un problème de dénomination pour désigner les machines à coudre. On retrouve ce problème dans d'autres domaines dans lesquels une dénomination s'est imposé, puis on découvre par la suite qu'elle est mal adaptée lorsque le domaine évolue et que l'on souhaite qualifier le résultat de ces évolutions.

On désigne généralement les machines par :

Pour commencer, en 2021, toutes les machines à coudre neuves sont mécaniques. Toutes sont actionnées par l'électricité. Certaines sont pilotées électroniquement d'autres non (on oubliera la pédale qui est à cette date le plus souvent électronique).

Mais comme il a bien fallu faire une classification pour s'y retrouver, on utilise les termes mécanique, électrique et électronique de la façon suivante :

Machine à coudre mécanique
Machine à coudre mécanique
Machine à coudre mécanique électrique
Machine à coudre mécanique électrique
Machine à coudre électronique
Machine à coudre électronique

Je ne m'étendrai pas plus sur les machines à coudre dites mécaniques. Disons simplement que toutes les machines à coudre actuelles reprennent le principe des premières machines à coudre mécaniques auxquelles ont a ajouté certaines fonctions (par exemple, d'autres points que le seul point droit sur les premières machines).

Machines à coudre mécaniques électriques vs électroniques

Avec le temps, on a donc ajouté certaines fonctionnalités aux premières machines dont la possibilité de disposer de différents types de points.

Qu'elles soient électriques ou électroniques, la possibilité de disposer de plusieurs points se fait d'abord en permettant à la barre d'aiguille de se déplacer latéralement.

Ainsi, pour un zigzag, l'aiguille se dirigera vers la gauche pour un point, puis vers la droite pour l'autre et ainsi de suite. L'avance du tissu fera que le fil sera en oblique à droite ou à gauche par rapport au point précédent.

La barre d'aiguille pouvant (devant) donc se déplacer à droite et à gauche, comment ce déplacement est-il réalisé ?

Sur une machine mécanique, on utilise un disque codeur qui tourne au rythme de l'avancement des points. Des encoches sont disposées sur la périphérie du disque et codent le déplacement de la barre d'aiguille. Un creux entraine la barre d'aiguille vers la droite, une bosse vers la gauche ou l'inverse. Pour certaines machines, cette même roue codeuse entraine également la griffe d'avance du tissu au prix d'une complexité augmentée.

Disque codeur
Disques codeurs

En suivant ce principe, on peut imaginer toute sortes de points qui ne nécessitent qu'un déplacement latéral de la barre d'aiguille et parfois, des allers et retours de la griffe d'entrainement du tissu. Sur certaines machines, il y a une série de disques que l'on peut sélectionner avec une manette permettant de réaliser quelques points. Sur d'autres machines, il est possible de changer les disques selon les besoins.

Disque codeur
exemple de disque codeur.

Sur une machine électronique, le déplacement de la barre d'aiguille est effectué par une tringlerie actionnée par un moteur pas à pas (en général). Le moteur pas à pas est lui-même commandé par un microcontrôleur qui va décider du mouvement à réaliser en fonction :

L'utilisation d'un moteur pas à pas permet d'avoir une précision beaucoup plus grande, plus fine et mieux contrôlée du déplacement latéral de la barre d'aiguille qu'un système mécanique et est potentiellement moins sujet à l'usure.

Dans ces machines, l'avance du tissu est également réalisé par un moteur pas à pas. Il est également possible de commander l'inversion de sens de l'avance. De ce fait, il est possible de réaliser des coutures ayant des formes complexes nécessitant des mouvements d'aller et retour du tissu, ce qui est moins courant sur des machines mécaniques.

Enfin, il est possible de commander d'autres éléments de la machine comme par exemple, la montée et la descente de l'aiguille ou comme déjà vu, l'inversion de sens, l'arrêt de l'aiguille en position haute, le réglage de la tension du fil, etc.

Pour résumer, les machines électroniques utilisent des moteurs pas à pas et des électroaimants permettant de proposer l'automatisation d'une grande partie des fonctions réalisées mécaniquement dans une machine mécanique électrique, voire, de nouvelles fonctions pratiquement impossibles à faire mécaniquement.

Si les premières machines électroniques ne proposaient que quelques nouveaux point programmés, les progrès de l'électronique font qu'il est trivial en 2021 de proposer des fonctionnalités très complexes via une interface homme-machine évoluée (écran tactile par exemple). On peut aussi envisager la mise en place de caméras aux endroit stratégiques pour observer le déroulement de certaines opérations sur un écran.

Face à ces avantages, on pourrait s'étonner de voir que des machines mécaniques électriques soient encore proposées à la vente. Essayons d'en déterminer les raisons.

En premier lieu, beaucoup d'utilisateurs occasionnels n'ont besoin que de fonctionnalités réduites et préfèrent une machine plus simple à appréhender.

Ceci-dit, selon l'adage "qui peut le plus peu le moins", on pourrait être tenté par une machine électronique même si on n'a pas identifié le besoin de toutes les fonctionnalités proposées, juste "au cas où".

Mais comme on l'a dit précédemment, les machines électriques et électroniques partagent une grande partie de la mécanique de base. L'électronique vient donc en supplément et ajoute un coût :

En résumé :

Les machines à coudre neuves

Pour tous les français "d'un certain âge", Singer est synonyme de machine à coudre. Le marché de l'occasion en France en 2021 suffit à le démontrer. Mais comment a évolué Singer et plus généralement, comment a évolué le marché des machines à coudre ?

L'Internet a parfois quelque chose de cruel. Là où à une certaine époque, on profitait de l'ignorance des clients pour leur vendre du rêve avec un peu n'importe quoi, il suffit aujourd'hui de quelques clics pour avoir des informations sur la réalité des marques et de ce qu'elles vendent.

Le marché actuel de la machine à coudre domestique n'a plus grand-chose à voir avec celui des années 1950. Celui-ci s'est profondément "restructuré" dans les années 1970-1990 et il y a peu de survivants. La situation risque de nouveau d'évoluer avec les chinois qui sont en embuscade et qui fabriquent déjà des machines à coudre sous leur nom en plus de celles qu'ils fabriquent pour les autres marques.

Les informations qui suivent datent de 2021.

Janome

Marque japonaise de grande renommée, elle conçoit ses machines mais aussi celles d'autres marques. Certaines machines sont encore fabriquées au Japon.

De plus, Janome possède la marque suivante :

Elna

Marque suisse ayant une très bonne réputation. Il semble qu'Elna ait conservé une certaine indépendance vis à vis de Janome.

Juki

Marque japonaise de grande renommée, elle conçoit des machines à usage domestique et industriel.

Brother

Marque japonaise très réputée dans le domaine des produits mécaniques dont les machines à coudre.

Toyota

J'ai cru lire que Toyota aurait arrêté la fabrication de machines à coudre en 2020. La marque a globalement une bonne réputation mais était située en dessous de Janome, Juki ou Brother. Disons qu'on a à faire à un produit correct du pays du soleil levant, ce qui veut dire un très bon produits comparé à beaucoup d'autres fabrications !

Bernina

Marque Suisse très réputée qui conçoit et produit ses machines (peut-être pas toutes, il y a des Bernina Janome, mais au moins une partie).

Groupe SVP

SVP est un groupe nord américain qui possède les marques Singer, Husqvarna-Viking et Pfaff, toutes très reconnues... A une certaine époque. Le groupe revendique une machine sur trois vendue dans le monde.

Voici ce que l'on trouvait sur www.svpworldwide.com en 2021 : SVP Worldwide is the world’s largest consumer sewing machine company, accounting for approximately one out of every three sewing machines sold globally. The company and its three iconic brands - SINGER®, HUSQVARNA® VIKING®, and PFAFF® - have collectively delighted consumers for over 450 years. These premium brands and products are regarded as the choice for serious sewers and novice crafters. The company’s corporate headquarters is located near Nashville [...]

De manière générale, j'ai constaté professionnellement que lorsqu'un groupe de ce type (essentiellement financier) prend le contrôles d'entreprises prestigieuses, il n'en reste plus grand-chose au bout de quelques années à part le souvenir du prestige, à savoir le nom, que l'on se contente de coller sur des produit le plus souvent quelconques... Les entreprises sont devenues des fabricants d'étiquettes et de documents publicitaires.

Singer

Maque mythique, en particulier en France. Mais, allez faire un tour sur www.hobbycouture.com.

Ayant mis les doigts dans quelques machines Singer, il est vrai que les productions récentes n'ont pas grand-chose à voir avec la grande époque de la marque.

Husqvarna-Viking

Pas d'avis sur ce qui est fait actuellement.

Pfaff

Pas d'avis sur ce qui est fait actuellement.

Vous trouverez quelques informations plus complète sur les marques citées sur www.petitcitron.com ainsi que sur www.ateliermachineacoudre.com en particulier pour la marque Juki.

Il y a beaucoup d'autres marques plus ou moins obscures ou promues par la grande distribution (par exemple, la Silvecrest du groupe Lidl) mais je ne les connais pas.

Les machines à coudre d'occasion, PRIX

Beaucoup de machines à coudre ancienne, souvent de construction très robuste, sont encore utilisables. Si l'on cherche une machine ne faisant que le point droit, on en trouvera en grande quantité pour quelques euros. Pour une machine qui fait le zigzag, il faudra payer quelques dizaines d'euros selon la marque et l'état général.

Mais acheter une machine d'occasion peut être un peu angoissant car si elle fonctionne mal, il va falloir intervenir dans la mécanique ou trouver un réparateur qui accepte pour une somme raisonnable (mais probablement plus élevée que le coût d'achat de la machine) de s'en occuper.

Dans tous les cas, il est préférable de prendre une machine de bonne réputation et assez répandue afin de pouvoir trouver des pièces, éventuellement, par l'achat d'une autre machine du même type.

En 2021, le marché de l'occasion est très important du fait que de moins en moins de personnes cousent et que les machines neuves d'entrées de gamme peuvent coûter moins cher que la réparation d'une machine ancienne.

Une anecdote : en 2021, j'ai mis en vente une machine à coudre sur LeBonCoin, vers 14h30. Le lendemain, à la même heure, il y avait plus de 500 nouvelles annonces depuis celle que j'avais déposée.

Le 23/11/2021 plus de 48000 machines à coudre d'occasion étaient en ventes sur LeBonCoin. Un suivi sur quelques semaines des annonces montraient que les machines se vendaient assez mal.

Comme dans d'autres domaines, beaucoup de vendeurs ne font pas l'effort d'analyser le marché et demandent un prix prohibitif.

Voici quelques idées pour tenter de déterminer un prix de vente qui ne soit pas redhibitoire et pour améliorer l'attractivité de l'annonce. :

Pour terminer sur le neuf et l'occasion, ou le neuf OU l'occasion, faites un tour sur cette chaine Youtube. La personne, à son grand regret, déconseille l'occasion lorsqu'on débute et ses arguments sont convaincants. Je mettrais une réserve : sauf si vous avez un conjoint bricoleur qui saura s'en débrouiller s'il y a un problème.

Bonne utilisation d'une machine à coudre

Comme indiqué en introduction, je ne suis pas couturier. Je ne suis donc pas en mesure d'apporter quelque chose de pertinent à ce que promet le titre de ce chapitre. Par contre, il y a beaucoup d'excellents sites et d'articles qui expliquent très bien (et parfois avec humour) comment bien utiliser sa machine et comment se dépêtrer de certains problèmes courants. Un petit florilège de ces sites (non limitatif, c'est juste ceux pour lesquels j'ai pensé à prendre l'adresse. Il y en a beaucoup d'autres). Le lien renvoie vers l'article mais le nom affiché est celui du site qui propose souvent plein d'autres articles :

Donc pas grand-chose à ajouter si ce n'est qu'il faut insister sur le nettoyage et peut-être, mettre une réserve sur le huilage de la machine :

Pannes et dépannages

Manuel de service

Il est souhaitable de disposer du manuel de services pour faire certains réglages.

En ce qui me concerne, j'ai été désagréablement surpris de constater que dans beaucoup de cas, il n'était pas possible d'y accéder gratuitement, y compris pour des machines anciennes

C'est pour moi inhabituel car en électronique (radio et hifi) et aussi, en horlogerie, on trouve assez facilement et gratuitement la plupart de ces manuels.

Heureusement, il existe quelques sites contributifs qui les proposent gratuitement. Le domaine est juste un peu en retard par rapport à d'autres et certains en profitent pour se faire un petit complément de salaire. Lamentable !

Liste de quelques sites contributifs où l'on trouvera des manuels utilisateurs et parfois, des manuels de service (à compléter...)

Si vous disposez d'un manuel de service qui n'est pas disponible gratuitement, s'il vous plait, proposez-le à ces sites, surtout s'il s'agit de machines anciennes : les constructeurs survivants dans ce domaine ne font pour certains pas leur boulot, à commencer par mettre en téléchargement, au moins les manuels utilisateurs. J'ai pu tester la différence de service entre deux constructeurs :

La partie électrique

On n'aborde ici que la partie électrique hors électronique de commande et hors moteur.

En général, la partie électrique se compose de peu de choses :

Prise
Prise mâle. Il en existe de toutes les formes.

On notera que les anciennes machines ne sont pas reliées à la terre. Cela implique une double isolation pour les parties où circule le secteur à savoir, le moteur, les interrupteurs, l'éclairage et pour les machines électronique, l'alimentation qui génère la basse tension. Ce n'est pas forcément le cas sur les très anciennes machines. Dans ce cas, il est judicieux de vérifier la qualité de l'isolation de l'arrivée du secteur (câbles en bon état et bien fixés) car il y a un risque d'électrocution.

Et si vous êtes bricoleur, refaite carrément l'électricité en faisant en sorte que la machine puisse se brancher sur le secteur avec la terre et en reliant toutes les parties métalliques de la machine à la terre.

Les principaux problèmes potentiels sont :

condensateur X2
Condensateur type X2 de 100nF

La partie électronique

Ce chapitre ne concerne évidemment que les machines électroniques. La pédale n'est pas prise en compte.

Les causes de pannes peuvent être multiples et complexes. Il n'est pas possible de toutes les aborder et leur réparation nécessite un minimum de compétences en électronique, sauf échange standard des cartes électroniques.

On s'assurera dans un premier temps qu'aucun câble n'est défait ou coupé (y compris ceux allant vers les électroaimants, les moteurs pas à pas, les capteurs...

On vérifiera ensuite que l'alimentation basse tension fonctionne correctement. Selon l'époque, cette alimentation peut être fournie par un transformateur abaisseur puis un redressement, un filtrage et une régulation. Pour les machines récentes, il s'agira probablement d'une alimentation à découpage.

Les alimentations traditionnelles (avec un gros transformateur) sont en général réparables. Pour les alimentations à découpage, le plus simple est de changer le module d'alimentation ce qui peut nécessiter une adaptation.

Si la logique de commande semble fonctionner (par exemple, allumage des différents éléments de l'interface) mais qu'elle n'agit pas, il peut s'agir d'une panne de la commande de puissance. Souvent, ce seront alors des transistors qui seront hors-services. Il faudra trouver la raison du problème (par exemple, court-circuit dans un élément commandé par ces transistors), éventuellement réparer et changer les transistors (on trouve des équivalents aux transistors anciens).

Si c'est la logique de commande elle-même qui semble ne pas fonctionner, on vérifiera par acquit de conscience qu'il n'y a pas de problèmes avec les condensateurs chimiques mais si on ne voit rien d'évident, il faudra probablement changer la carte électronique.

Le moteur électrique

On n'aborde ici que le moteur électrique servant à l'entrainement principal de la machine et pas les moteurs pas à pas qui servent à actionner certains organes de la machine.

Les moteurs de machines à coudre domestiques sont généralement peu puissants (électriquement) et n'ont pas besoin de l'être. La puissance électrique consommée est de l'ordre de 60 à 100W. Ils sont de ce fait assez peu coûteux.

Quelque soit le type de moteur on aura :

Sauf fabrication de mauvaise qualité ou mauvais stockage, il n'y a pas de raison que les différents éléments du moteur tombent en panne. On peut quand même dresser une liste des principaux problèmes potentiels mais ceux-ci sont rares :

Il peut y avoir des problèmes spécifiques selon le type de moteur qui peut être :

Le moteur universel va utiliser des charbons pour transmettre l'énergie électrique au rotor du moteur. Ces charbons vont s'user et devront être remplacés. Donc, si le moteur ne démarre pas, ou si sa rotation est irrégulière ou si des étincelles se produisent, vérifiez les deux charbons. S'ils sont usés, il faut les remplacer. Les charbons ne sont pas coûteux et peuvent durer plusieurs années en usage intensif.

mac
Moteur universel avec sa prise de courant
mac
Exemple de charbons pour moteur universel

Le moteur asynchrone utilise un condensateur de démarrage et de maintien en rotation (condensateur permanent) pour fonctionner.

capa démarrage

Avec le temps, la capacité de ces condensateurs peut diminuer. Le moteur ne démarre plus sauf si on l'aide et son couple est très faible. Il faut remplacer le condensateur par un modèle adapté à cet usage. Les points importants dans le choix du condensateur sont :

Personnellement, je n'ai jamais vu de moteur asynchrone sur une machine à coudre domestique. Par contre, ils semblent être utilisés sur les machines à coudre industrielles.

Les courroies

Les courroies peuvent casser. On en trouve assez facilement de différentes dimensions. Le nombre de courroies et leur type (crantées ou lisses) dépendent de la conception de la machine. Mais dans le cas général, on a au moins une courroie crantée qui va permettre de synchroniser la mécanique du haut de la machine (qui fait descendre et monter l'aiguille en particulier) avec la mécanique du bas (qui fait tourner le crochet et avancer le tissu).

Une courroie qui saute des crans (pas assez tendue) va désynchroniser le haut du bas et la machine ne fonctionnera plus (et vous risquez de casser des aiguilles !).

Il faut s'assurer que les courroies sont assez tendues mais pas trop pour ne pas user inutilement la courroie et le mécanisme. Il y a en général un tendeur qui permet de jouer sur la tension et de prendre en compte l'usure de la courroie (qui se détend).

Tout cela est bien imprécis mais il est difficile de donner une règle générale pour toutes les machines. Disons que si vous avez des difficultés pour rapprocher la partie montante et descendante de la courroie (disons, de 5mm de chaque côté), c'est que la courroie est probablement trop tendue. Si vous pouvez facilement faire sauter un cran à la courroie en la manoeuvrant à la main, c'est qu'elle n'est pas assez tendue.

courroie
Machine (très sale) en cours de révision.

Pour la machine ci-dessus, la poulie intermédiaire n'est pas crantée ce qui autorise un certain patinage de la courroie horizontale en cas de blocage de la machine. Par contre, côté moteur, l'engrenage est cranté.

La courroie crantée verticale passe par deux engrenages ce qui assurent la synchronisation entre le haut et le bas.

En général, le constructeur prévoit un mécanisme et/ou une conception facilitant le changement des courroies. Sur cette machine, le tendeur permet de faciliter la mise en place des deux courroies en agissant sur leur positionnement horizontal et vertical.

La mécanique

C'est le coeur de la machine. La première fois que j'en ai révisé une (il y a fort longtemps), j'ai été surpris de voir que l'on n'utilisait pas de roulements pour les arbres et que d'une manière générale, les éléments en mouvement se contentaient de simples guides en métal. Un ami m'a fait remarquer qu'une machine à coudre, ça ne tournait pas très vite, que les contraintes mécaniques étaient relativement faibles et donc, qu'il n'y avait pas besoin d'utiliser des roulements.

De fait, la machine que je mentionne datait du XIXe siècle et après une petite révision, elle a fonctionné sans à-coup.

Pour autant, il peut y avoir de la casse, en particulier si la machine est mal entretenue et que la mécanique commence à forcer. De plus, ce risque augmente avec la généralisation de l'utilisation de matières synthétiques pour certains pignons. Ces pignons sont normalement solides et permettent un fonctionnement moins bruyant que des pignons métalliques. Mais si le mécanisme se grippe, alors, ces pignons vont s'user très vites ou casser.

Enfin, certaines matières synthétiques se dégradent naturellement dans le temps et terminent leur vie en poussière. Là, pas de solution, il faut envisager leur changement périodique.

pignon
Pignon d'une Singer.

Donc, en première conclusion et sauf mauvaise conception de la machine, le risque de panne sur les principaux éléments mécaniques est limité.

A contrario, si vous vous retrouvez devant une machine dans laquelle certains éléments mécaniques ont été faussés, il faut considérer que la machine a été très mal utilisée, très mal entretenue ou très mal construite.

Pour la suite, deux cas sont à considérer :

En fait, le premier cas se ramène au second (sauf si vous n'avez pas réussi à remonter la machine !). Je ne considèrerai donc par la suite que le deuxième cas.

Vérification du fonctionnement des sous-ensembles

Une approche possible mais qui nécessite une resynchronisation de la machine au final consiste à tester qu'il n'y a pas de points durs (ou au moins pas trop durs) sur :

Il peut y avoir d'autres éléments à vérifier selon la machine mais je cite là les principaux.

Pour se faire, il faut désolidariser les arbres entre eux pour pouvoir les faire tourner à la main. On sent alors très bien s'il y a un problème ou pas. On en recherche la cause et on répare.

La réparation peut consister en un simple nettoyage et une lubrification. On peut aussi découvrir qu'une pièce est faussée et là, c'est plus ennyeux car le plus souvent, il faudra la changer et donc, il faudra préalablement en trouver une autre. Enfin, il ne faut pas exclure une pièce mobile mal positionnée et qui se bloque sur son support. Om faut alors chercher le positionnement qui supprime le point dur tout en permettant à la machine de fonctionner.

Pour le nettoyage, si vous devez démonter les pièces, vous pouvez utiliser un bac à ultrason pour nettoyer le plus gros et finir à la main.

Si vous n'avez pas besoin de démonter, utilisez un produit dégraissant pour nettoyer et lubrifiez les parties qui doivent l'être (axes, supports d'arbres...).

En matière de lubrification, il existe des huiles pour machines à coudre. Personnellement, j'utilise de l'huile pour automobile qui a l'avantage de ne pas se dégrader. Pour information, certains horlogers utilisent aussi ces huiles pour les horloges (pas les montres !) et les résultats sont très bons. Je le fais moi-même avec des résultats très satisfaisants.

Jusqu'à présent, à part des pignons et courroies, je n'ai pas eu de pièces mécaniques cassées sur les machines que j'ai eu entre les mains. Je n'ai donc pas d'expérience dans ce domaine.

Je n'aborderai donc que le cas qui semble être le plus courant qui est la casse d'un ou plusieurs pignons et la resynchronisation de la machines.

Pignons

Les pignons et engrenages se trouvent sur des arbres en rotation. Ils sont généralement bloqués sur les arbres par des vis sans tête pour lesquelles vous devrez utiliser un tournevis plat pour les machines très anciennes ou des clés alènes. Attention pour ces dernières, certaines machines anciennes utilisent des vis aux normes anglo-saxonnes. il vous faudra donc avoir les clés adaptées. Par contre, certaines pièces de remplacement récemment fabriquées utilisent des vis au pas métrique. Vous n'utiliserez donc pas les mêmes clés au démontage et au remontage.

Le remplacement de certains pignons et engrenages implique de démonter en tout ou partie les arbres sur lesquels ils se trouvent. Et souvent, il y a plusieurs autres pièces à démonter pour pouvoir dégager l'arbre.

Tous ces démontages risquent de désynchroniser certaines fonctions de la machine. Évidemment, vous pouvez envisager de marquer les positions de chaque pièce pour les remonter à l'identique mais :

Donc mieux vaut partir dans l'idée qu'il faudra refaire la synchronisation. Et là, les forums vous seront d'un grand secours, surtout si vous ne disposez pas du manuel de service de la machine.

Si vous avez des pignons qui se sont cassés ou désagrégés, vous devez considérer deux cas :

  1. Les pignons se sont cassés à cause d'un trop grand effort mécanique. Ca peut être le cas si vous avez une machine mal entretenue dont les éléments mécaniques forcent entre-eux.
  2. Les pignons se sont cassés parce qu'ils se sont décomposés.

Dans le premier cas, vous pouvez vous contenter de ne changer que les pignons cassés (après nettoyage de la machine). Mais faites quand même le test pour savoir s'ils ne sont pas en train de se décomposer.

Dans le second cas, il est préférable de changer tous les pignons en matière synthétique de la machine.

Pour savoir si un pignon se désagrège, vous pouvez tenter de passer le doigt ou l'ongle sur les dents et (en forçant un peu mais pas trop), voir si elles partent en poussière. Si c'est le cas, considérez que les pignons sont en train de se désagréger.

Ci-dessous, un exemple d'arbres avec ses pignons sur une Singer Futura 2000

singer

Mais trouve-t-on encore des pignons pour des machines anciennes ? La réponse est oui mais parfois à des prix prohibitifs, souvent plus élevés que le prix de vente de la machine en occasion.

Le fait que la machine soit d'une marque connue (ou d'un concepteur connu) améliore la probabilité de trouver des pignons neufs, parfois compatibles. On en trouve par exemple pour des machines Singer sur le site Aliexpress pour des sommes raisonnables. Ce sont souvent les mêmes qui sont vendus (plus chers) chez les revendeurs français.

Ces pignons sont-ils de bonne qualité ? Je n'ai pas assez de recul pour me prononcer sauf sur un point. La photo ci-dessous montre des pignons désagrégés d'une machine à coudre Singer. Ceux du dessous sont des compatibles chinois vendus entre 7 et 10€ port compris en novembre 2021. Ce que je peux en dire, c'est qu'ils sont beaucoup plus bruyants que les pignons d'origine et peut-être, moins bien ajustés (il y a un jeu assez important qui complique le réglage du crochet). A noter que les vendeurs chinois proposent parfois des équivalents en Nylon qui semblent de meilleure.

Peut-on cannibaliser une ancienne machine ? La réponse est évidemment oui mais ce n'est probablement pas une bonne idée. La fragilisation des matières plastiques semble venir d'une décomposition spontanée avec le temps. Donc, vous risquez d'avoir des pignons qui auront les mêmes problèmes que ceux que vous cherchez à remplacer.

Peut-on imprimer les pignons ? La réponse est oui si j'en crois certains sites mais je n'ai pas essayé. Il n'y a pas de raisons que ça ne fonctionne pas pour peu qu'on choisisse un matériau adapté. Par contre, il peut y avoir quelques difficultés mécaniques. Les pignons en photo sont montéer sur un corps en acier. L'axe de ce corps est dentelé afin de bien bloquer et entrainer la partie en matière synthétique. Il faudra faire une impression qui reprenne les motifs intérieurs et prévoir un collage pour bloquer le tout.

pignons

Réglages, généralités

Il y a plusieurs types de réglages à réaliser dans une machine à coudre. On peut citer en particulier :

Je ne détaillerai que les réglages que j'ai réalisé. Pour les autres, il vous faudra consulter d'autres sites.

La situation idéale est celle où vous disposez du manuel de service. Mais ces manuels ne sont pas tous disponibles. Donc, cette situation n'est pas la plus courante dans ce domaine.

Si vous ne disposez pas du manuel de service, il faut chercher sur les différents blogs existants si la procédure n'a pas déjà été expliquée pour votre machine ou une machine similaire.

Sinon, il vous faut comprendre le fonctionnement de la machine et tâtonner jusqu'à ce que le réglage soit satisfaisant. Et il faut savoir faire la différence entre un mauvais réglage, par exemple, du crochet, et un autre problème (tension du fil en particulier).

Synchronisation du crochet avec l'aiguille

Il peut être nécessaire de faire ce réglage après un changement des pignons de crochet ce qui est un cas assez courant. La procédure décrite ici a été appliquée sur des machines avec canette horizontale et le crochet qui fait deux tours entre chaque point. Moyennant une adaptation est est valable pour une machine à canette verticale et un crochet qui fait des aller et retour.

Tout d'abord, il faut être familier avec le fonctionnement de ce mécanisme.

crochet_animation

Pour que le point puisse se faire, il faut que l'aiguille traverse le tissu (descente) et remonte légèrement pour former une boucle.

Le crochet qui est en rotation happe cette boucle et l'entoure autour du fil de la canette puis remonte le fil qui a créé la boucle (fil supérieur) entrainant avec lui le fil inférieur qui va se plaquer sous le tissu.

La synchronisation consiste à faire en sorte que l'aiguille soit à la bonne hauteur et soit en phase de remontée lorsque le crochet arrive.

Si l'aiguille descend trop tôt ou trop tard, elle risque de buter sur le porte canette et se casser (d'ailleurs, prévoir quelques aiguilles de rechange lors de cette opération, juste au cas où).

Pour les machines dont la barre d'aiguille peut se déplacer latéralement (zig-zag), il faut que ce réglage soit fait dans la position la plus défavorable par rapport au sens de rotation du crochet. Si le crochet va de la droite vers la gauche (rotation anti-horaire du crochet, hypothèse retenue pour la suite de l'explication), il faudra faire le réglage avec l'aiguille le plus à gauche possible et donc, typiquement, choisir un point zigzag le plus grand possible et faire tourner manuellement la machine jusqu'à ce que la barre d'aiguille soit à gauche. Durant cette opération, il y a un risque de casse de l'aiguille. En effet, la machine n'étant pas réglée (par hypothèse), il peut y avoir plusieurs montées et descentes de l'aiguille qui risque alors de buter sur l'élément mobile qui entraine le crochet.

On devra donc trouver le moyen de mettre le porte canette et le crochet en position libre (le crochet ne tourne pas lorsqu'on actionne la machine) avec le crochet dirigé à l'endroit où pénètre l'aiguille.

Une façon de procéder est de désolidariser les deux pignons de crochet. Une autre plus sûre consiste à désolidariser l'arbre qui supporte le pignon d'entrainement du pignon qui fait tourner le crochet.

La première approche a un inconvénient, c'est que lorsque vous voudrez resolidariser les deux pignons, il y a peu de chance qu'ils soient parfaitement en face l'un et l'autre et vous serez obligé de tourner légèrement le pignon du crochet pour l'engrener avec le pignon d'entrainement, ruinant ainsi votre réglage.

Si vous désolidarisez l'arbre de son entrainement, vous pourrez le faire tourner sans contrainte et le bloquer lorsque le réglage sera fait. Dans ce cas, il faut que les deux pignons de crochets solidaires. Il y aura probablement un peu de jeu entre les deux pignons (On peut le vérifier en bloquant le pignon d'entrainement et en essayant de faire tourner le pignon de crochet. En général, ça bouge un (tout petit) peu). Pour le réglage, on s'assurera donc que le pignon d'entrainement est en prise dans le sens de la marche ce qui éliminera le problème lié à ce jeu.

La procédure générale est la suivante :

Selon les machines, pour faciliter le réglage, il faut retirer le porte canette et ne laisser que le crochet. Munissez-vous d'une lampe de poche pour bien voir ce que vous faites. Et personnellement, j'utilise un casque avec une loupe pour mieux voir ce qui se passe.

Si lors des tests avec fil, vous constatez que le crochet n'attrape pas la boucle, vérifiez qu'il passe suffisamment près de l'aiguille lors de la rotation. Il semble que certaines machines autorisent un réglage de la proximité entre l'aiguille et le crochet. Sinon, peut-être que le système de crochet est détérioré.

Synchronisation de l'entrainement du tissu

L'entrainement du tissu doit être synchronisé avec le déplacement de l'aiguille et de la canette :

Omnia_M12

Sinon, il est souvent indiqué que le début de l'avance doit commencer lorsque la barre d'aiguille se trouve à mi-course en montant et doit être terminée lorsqu'elle se trouve à mi-course en descendant.

Réglage pression presseur

L'entrainement du tissu se fait grâce à une griffe qui se déplace en avant ou en arrière sur lequel se trouve le tissu qui est pris en sandwich avec le pied de biche (pied presseur). Si le tissu n'avance pas ou mal, il est possible que le réglage de la pression du pied de biche soit à faire. Sur beaucoup de machines, il existe un dispositif permettant de régler cette pression. S'il est inopérant, il est possible que :

Réglage hauteur de l'aiguille

On peut tenter de régler la hauteur de l'aiguille sur la barre d'aiguille pour peaufiner le réglage de la synchronisation avec la canette. Personnellement, je ne l'ai jamais fait.

Réglage du déplacement latéral

Je n'ai jamais eu à le faire (ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas de réglage). Par contre, il est utile de s'assurer qu'en point droit, aiguille au centre, celle-ci descend bien au milieu de la fenêtre sur la plaque à aiguille. Si ce n'est pas le cas, il peut y avoir un réglage à faire (prendre une aiguille neuve pour faire le test).

Bruits inhabituels après révision

Vous avez révisé et réparé votre machine, tout semble correctement fonctionner mais le bruit qu'elle fait n'est pas le même que celui de vos souvenirs et vous êtes à juste titre un peu inquiet. Voici quelques cas à envisager pour vérifier si ce nouveau bruit est normal ou pas.

Blocage des vis

Il m'est arrivé plusieurs fois d'avoir une machine qui fonctionnait correctement après les différents réglages puis tout d'un coup, plus rien ne fonctionne correctement, avec des bourrages de fils un peu partout.

On se dit que la tension du fil s'est déréglée, on passe du temps à essayer de trouver le bon réglage, jusqu'à ce qu'on s'aperçoive qu'un pignon est devenu libre sur son axe car la vis de blocage s'est désserrée.

La première idée est de forcer comme un malade pour que la vis ne se dévisse plus. Mais j'ai eu plusieurs cas où certaines vis étaient tout simplement impossibles à dévisser sans casse. Donc, il faut trouver un juste milieu.

En électronique, on bloque souvent les vis avec du vernis (le vernis à ongle est très bien). Mais sur des pièces soumises à des vibrations (et parfois, des pièces graisseuses), ce type de vernis risque de ne pas tenir.

En mécanique automobile, il existe des produits que l'on applique sur le filetage et qui résistent aux vibrations tout en autorisant le démontage, parfois, à la chaleur (le produit redevient liquide). C'est peut-être une solution (je n'ai pas essayé).

Il existe aussi des colles permettant le démontage. C'est peut-être une autre solution, je n'ai pas (encore) essayé.

Quoiqu'il en soit, si votre machine se dérègle sans raison, pensez à regarder si une vis de blocage ne s'est pas dévissée...

novembre 2021