Réparation des amplificateurs

Introduction
Outillage
Principaux constituants d'un amplificateur
Réparation
Amplificateur à lampe
Reconditionnement d'un amplificateur
Réglages d'un amplificateur

 


Introduction

Un amplificateur est un équipement électronique assez simple dont la plupart des réparations sont à la portée d’un amateur un minimum outillé. En dépit de cette simplicité, les cas de pannes possibles sont très nombreux. Multiplié par le nombre de montages possibles, proposer un guide pour le dépannage peut sembler une gageure. Toutefois, comme souvent, il existe quelques pannes typiques qu’il est bon de connaître afin de ne pas perdre de temps dans la recherche et si les montages diffèrent, un minimum d’intuition (et de connaissance de l’électronique) permettent de transposer une description donnée à titre d’exemple aux cas réels. Du moins, je l’espère…

Comme dans tous les cas de dépannage, il faut se dire que sauf défaut de conception énorme, l’appareil a fonctionné un jour. Dans ces conditions, la découverte de la panne et sa résolution doivent remettre l’appareil dans un état fonctionnel. Toutefois, il existe un cas où cette affirmation est fausse. C’est lorsque le réparateur passe derrière un bricoleur qui a changé au petit bonheur certains éléments de l’amplificateur et qui de ce fait a introduit une panne. Le réparateur aura beau réparer, l’appareil retombera en panne du fait de l'élément modifié par le bricoleur. Une observation attentive de l’appareil permet en général de savoir si quelqu’un est intervenu avant vous et un peu de jugement permet de vérifier si cette intervention semble crédible ou paraît farfelue.

Enfin, une hantise du réparateur qu’il faut avoir en tête : la panne multiple. Couplée au phénomène du bricoleur passé avant vous, remettre en état l’appareil peut vous occuper quelques longues soirées d'hiver.

Une autre hantise est la panne intermittente. Une approche rationnelle de recherche de la panne peut souvent  permettre d’en venir à bout mais pas toujours. Dans ce cas, une seule solution, laisser l'appareil tomber en panne. Malheureusement, c’est parfois long et ce n’est pas sans risques pour lui.


Outillage

L’outillage utile et parfois minimum qu’il est utile d’avoir se compose des éléments suivants :

    - l’outillage de base tel que tournevis, pince à bec, pince coupante, etc.
    - un fer à souder.
    - un multimètre numérique ou analogique.
    - un oscilloscope (souvent utile, pas toujours indispensable).
    - parfois, un transistormètre et un capacimètre.
    - un produit destiné au nettoyage des contacts.
    - une source de signal tel qu’un générateur BF (signaux sinusoïdes et carrés, 20Hz à 20kHz) ou à défaut, une source telle qu’un lecteur de CD par exemple.
    - une ou plusieurs enceintes acoustiques (ou un haut parleur) sachant qu’il existe un risque faible mais réel de destruction de ces éléments selon la panne et la façon dont on procède.
    - éventuellement, une ou plusieurs résistances de puissance (8 ohms, 50W).

Un truc utile et facile à fabriquer (voir schéma ci-dessous) : ce montage vous permet de tester votre amplificateur en limitant le courant en entrée. Utile lorsque les fusibles sautent sans arrêt ou lorsque les transistors de puissance dégagent dès la mise sous tension. La limitation de courant permet d’éviter le problème et de pouvoir faire des observations sous tension. Si la lampe s’allume, c’est qu’il y a un court-circuit quelque part.

 

 


Les principaux constituants d’un amplificateurs

Un amplificateur est généralement constitué (voir photographie d’un amplificateur Marantz PM80) :

    1-D’un bloc d’alimentation.
    2-D’un préamplificateur avec ses organes de commutation et de réglage.
    3-D’une partie amplification de puissance.
    4-D’un câblage reliant le tout (lorsque les connexions ne sont pas intégralement faites par circuit imprimé).  

 

    Figure 1 Intérieur d'un amplificateur Marantz PM80

     

L’alimentation : survol

L’alimentation comporte le câble secteur, l’interrupteur de mise sous-tension (ou un relais en cas de télécommande), un fusible secteur, un ou plusieurs transformateurs, le redressement, le filtrage constitué d’un ou plusieurs condensateurs chimiques (de 2000µF à 20000 µF) et parfois, de fusibles sur la ligne basse tension. On peut aussi (rarement) y trouver des selfs visant à parfaire le filtrage.

Le plus souvent, la partie redressement et filtrage se compose d’un simple pont de diodes (ou parfois, des diodes en éléments discrets) et de condensateurs.

L’alimentation peut être symétrique (+/- par rapport à une masse) ou simple (+ par rapport à une masse). Cela  a une influence sur l’étage de sortie.

Sur les amplificateurs Hi-Fi à transistors, les tensions d’alimentation courantes peuvent fournir :

  • pour les alimentations symétriques, de l’ordre de +/- 24V à +/-50V
  • pour les alimentations simples, de l’ordre de 35 à 70 V.

Les courants consommés sont de l’ordre de plusieurs ampères en basse tension à pleine puissance (cas des amplificateurs en classe AB ou B) ou à vide (cas des amplificateurs en classe A).

Cas particuliers :

  • Certaines alimentations sont régulées et stabilisées. C’est courant en classe A, rare en classe AB. Ce type d’alimentation est plus facilement sujet à panne que le simple redresseur et filtrage.
  • Dans certains amplificateurs récents, l’alimentation est à découpage. Bien que généralement solide, ce type d’alimentation est lui aussi sujet à panne. On reconnaît ce type d’alimentation, en particulier, au fait qu’elle est généralement dans un boîtier assurant blindage et qu’il n’y a pas de gros transformateur,
  • Parfois, l’alimentation comporte une partie non régulée pour l’alimentation des étages de puissance et une partie régulée pour l’alimentation de certains sous-ensembles (préamplificateur, commutation…). Parfois, la partie non régulée alimente directement la partie régulée. Dans d’autres cas, c’est une sortie particulière du transformateur qui ira sur une platine comportant les composants de redressement, filtrage et régulation. La régulation peut se faire en éléments discrets ou avec des régulateurs intégrés (ça dépend de l’age de l’amplificateur), par exemple, type 78XX ou 79XX. Souvent mais pas toujours (la puissance consommée par les étages concernés par cette alimentation est très faible), les transistors de puissance du régulateur ou les régulateurs intégrés sont munis de petits radiateurs. Ne pas confondre ces éléments avec les éventuels transistors d’attaque de la partie amplification de puissance.

  Généralement, tous les éléments constituant l’alimentation de l’amplificateur sont regroupés autour du transformateur.  

Figure 2 Alimentation stabilisée basses tensions et
courants faibles d'un amplificateur Marantz PM80

  Les pannes classiques d’alimentation sont :

  • les fusibles coupés. Il va de soit que ces éléments doivent être remplacés (ils sont parfois soudés !) et qu’avant toute mise sous tension, il faut préalablement s’interroger sur les raisons qui ont fait fondre les fusibles.
  • l’interrupteur marche-arrêt hors service (HS). Le remplacement de l’interrupteur permet de remettre l’amplificateur en service.
  • le relais HS (sur certains amplificateurs). Le nettoyage des contacts du relais (avec de la toile émeri) permet parfois le remettre en service. Le plus compliqué dans ce cas est de pouvoir le démonter. Sinon, le relais doit être remplacé. Pour les tests, on pourra envisager de court-circuiter les contacts de commutation (pas ceux de l’alimentation du relais !).

Plus rarement :

  • les condensateurs de filtrage sont en mauvais état. Dans certains cas, ils sont encore fonctionnels mais un fort bruit de 100 Hz ou un bruit de fond de friture indiquent qu’ils vont bientôt rendre l’âme. Il faut les remplacer sans tarder. Dans d’autres cas, ils sont en court-circuit. C’est une des raisons qui font que le fusible secteur a fondu (pas forcément les fusibles de la partie basse tension).
  • le transformateur coupé ou en court-circuit. S’il ne s’agit pas d’un défaut de fabrication, alors cela signifie une panne grave du reste de l’électronique avec probablement, un fusible mal dimensionné dans le circuit d’alimentation. Quelqu’un est passé avant vous et a fait une réparation de fortune qui a fait plus de mal que de bien.
  • les diodes de redressement. Celles-ci sont généralement largement dimensionnées. Une panne du redressement laisse à supposer un problème de même nature que celui mentionné pour le transformateur. 

Les cas particuliers :

  • l’alimentation à découpage. Sauf cas rares, elles sont difficilement réparables. S’agissant d’appareils récents, le mieux est probablement de la changer.
  • L’alimentation régulée et stabilisée. Les pannes classiques sont :
    • Le ou les transistors ballast HS.
    • Le régulateur (ou la régulation) HS.

Généralement, une alimentation à découpage HS ne délivre plus de tension en sortie. C’est un moyen de vérifier si elle est fonctionnelle ou non. Par contre, une alimentation stabilisée HS aura tendance à fournir la tension maximale avant régulation (après le redressement et le filtrage). Les dégâts dans le reste de l’électronique peuvent alors être importants si celle-ci est dimensionnée pour ne supporter que la tension stabilisée : par exemple, dimensionnée pour supporter 50 V alors que la tension non stabilisée est de 70 V à vide. Pour 50V, les condensateurs chimiques choisis tiendront en général 63V ce qui s’avérera insuffisant en cas de panne de la stabilisation. Pour malheur, un condensateur tenant 63V peut généralement tenir 70V un certain temps avant de rendre l’âme. Cela laisse le temps à la panne de bien s’installer.

Le préamplificateur

La partie préamplificateur si elle existe se trouve généralement en façade et comporte les réglages de volume, tonalité, balance… ainsi que la commutation (marche arrêt, sélection des entrées et sorties, commutation pour le magnétophone ).


Figure 3 Face avant d'un amplificateur Marantz PM80

Une partie du préamplificateur se trouve généralement en face arrière : il s’agit des connecteurs d’entrées (CD, AUX, PHONO…) et de sortie (MAGNETOPHONE, LINE OUT…).


Figure 4 Face arrière d'un amplificateur Marantz PM80

La liaison entre ces connecteurs en face arrière et les commandes en face avant peuvent se faire de plusieurs façon :

  • toron de câbles blindés reliant les connecteurs au circuit imprimé en face avant ou directement, aux commutateurs.
  • Circuit imprimé allant de la face arrière à la face avant.
  • Circuit imprimé au plus près des connecteurs comportant une commutation mécanique ou électromécanique commandée par des commutateurs situés en face avant. Cette dernière solution est généralement adoptée sur les amplificateurs de bonne facture.
  • Lorsque l’amplificateur comporte une entrée PHONO, le préamplificateur RIAA se trouve généralement au plus près de cette entrée.

Les pannes de préamplificateurs sont rares. Il s’agit le plus souvent :

  • de potentiomètres encrassés. Un nettoyage avec un produit adapté règle le problème.
  • De potentiomètres HS. Leur changement règle le problème.
  • De contacteurs encrassés ou HS. Leur nettoyage ou leur changement (lorsque l’on trouve le bon modèle) règle le problème.
  • D’une prise Jack (sortie casque) HS. Dans certains amplificateurs, le fait d’insérer un Jack dans la prise coupe automatiquement les sorties haut-parleurs. Du fait de la construction de ces prises, le risque de mauvais contact ou pire, de court-circuit est à prendre en considération.

Un amplificateur peut ne pas avoir de préamplificateur, du moins pas tel qu’il a été décrit ci-dessus. Les entrées de l’amplificateur sont directement reliées aux entrées de l’électronique amplificatrice de puissance. Parfois, ces entrées passent par des potentiomètres ajustables (situées généralement près des prises d’entrées) ou par un potentiomètre en façade. Les cas de panne de cette partie sont donc simples : potentiomètres HS ou encrassés. Le changement de potentiomètre ou leur nettoyage permettent d’effectuer la réparation.

Remarque sur les sorties casques : celles-ci peuvent avoir leur propre amplificateur (cas des amplificateurs de bonne facture, l’amplification casque est alors parfois en classe A avec éventuellement, un bouton de volume dédié) ou recueillir le son à la sortie de l’électronique de puissance. Dans ce cas, des résistances de puissance (2 W généralement) se trouvent en série avec le signal. Pour ce type de montage, il est utile de vérifier l’absence de court-circuit dans cette partie du câblage et au niveau de la prise Jack elle-même.

Le câblage

Il peut paraître surprenant de considérer le câblage comme composante d’un amplificateur. Toutefois, cet élément paraît tellement passif que l’on omet parfois de le vérifier alors qu'il peut être la cause de pannes simples.

D’une manière générale, vérifier soigneusement les soudures, toute absence de court-circuit ainsi que tout câble éventuellement déconnecté. L’auteur a séché pendant un certain temps sur une panne d'amplificateur (qui fonctionnait mais mal) pour s’apercevoir qu’au final, un câble de masse dans une nappe était cassée ce qui faisait que l’amplificateur fonctionnait mais sans référence de tension (alimentation symétrique).

L’amplification de puissance

Celle-ci est assez facile à repérer du fait de la présence de radiateurs sur lesquels se trouvent les transistors de puissance ou les circuits intégrés (parfois, un seul).

 
Figure 5 Transistors de puissance d'un amplificateur Marantz PM80

L’étage de puissance se compose généralement d’une partie amplification de tension (transistors ou circuit intégré) et de transistors de puissance. Parfois, il s’agit d’un seul circuit intégré, éventuellement en technologie hybride.

Les pannes les plus courantes sont :

  • la coupure des éventuels fusibles de sortie. Ils sont à changer mais pour autant, il faut effectuer des vérifications complémentaires avant de remettre l’amplificateur sous tension. La cause de coupure la plus fréquente est la mise en court-circuit des sorties HP. Parfois, il s’agit d’un court-circuit dans les transistors de puissance. Ce court-circuit peut avoir été provoqué pour des raisons internes (transistor défectueux ou mal dimensionné) ou suite à un court-circuit dans les sorties HP (le fusible n’a pas réagit assez vite, cas courant).
  • Les transistors de puissance HS. Généralement, des résistances de puissance dans la ligne de sortie auront été carbonisée.
  • Le ou les relais de temporisation et protection des haut-parleurs HS lorsqu’il y en a.
  • Les problèmes de câblage (voir précédemment).
  • La commutation des sorties HS (voir précédemment).

Plus rarement :

  • un condensateur de sortie coupée ou en court-circuit (on trouve ce condensateur dans les amplificateurs disposant d’une alimentation simple, valeur de l’ordre de 2000 micro farads).
  • Les éventuels transistors drivers des transistors de puissance HS.
  • La partie préamplificateur de tension.

Les pannes d’amplificateurs les plus courante se situent dans la partie amplification de puissance.


Premières observations

L’amplificateur est supposé en panne. Il est supposé stéréo et de classe AB :  

  • dans un premier temps, débrancher les hauts parleurs et les entrées de l’amplificateur. Ne pas tenter de le mettre sous tension.
  • ouvrir l’amplificateur. Sur beaucoup de modèles japonais, un capot métallique en U est vissé sur la carcasse par deux ou quatre paires de vis sur les cotés et parfois, par une ou plusieurs vis à sur la face arrière. Sur d’autres modèles, il faut parfois faire preuve d’un peu de jugement pour déterminer la façon dont il se démonte.
  • certains amplificateurs ont également un fond démontable. Si c’est le cas, il peut s’avérer utile de le démonter.
  • commencez par observer l’intérieur. S’il est poussiéreux, nettoyez le avec un pinceau. Cette phase d’observation est importante car elle permet très souvent de détecter d’éventuels composants douteux (résistances carbonisées, condensateurs éclatés ou explosés…) ou un problème de câblage.
  • changez les éventuels fusibles HS.

Rien d’apparent

Hypothèse : les fusibles sont en bon état, il n’y a pas de problème de câblage apparent ni de composant douteux. Si ce n’est pas le cas, allez en 32).

A l’aide du multimètre (position test diode, sinon, ohmmètre), vérifiez les transistors de puissance et leur éventuel driver sur circuit. On fait l’hypothèse que s’il y a une panne dans la partie puissance, seule une voie est HS. En comparant les valeurs mesurées dans les même condition pour chaque voie, vous pouvez identifier une éventuelle différence. Si c’est le cas, la panne provient probablement de la partie puissance.

Les valeurs aberrantes :  court-circuit franc entre des pattes d’un transistor. Toutefois, un fusible ou des résistances de puissance généralement présentes dans cet étage devraient être carbonisées ou coupées ce qui est contraire au hypothèses.

Si vous ne détectez pas de différence entre les deux voies ni aucune valeur aberrantes :

1)        Vérifiez que la tension d’alimentation secteur de l’amplificateur correspond à celle du secteur utilisé. Si ce n’est pas le cas, sélectionnez la bonne tension d’alimentation ou utilisez un autotransformateur.

2)        branchez l’amplificateur sur une prise secteur munie d’un interrupteur. Positionnez ce dernier en position arrêt.

3)        Mettez l’amplificateur en position marche à l’aide de son propre interrupteur. 

4)        Mettez l’interrupteur de la prise secteur en position marche. Gardez la main près de cet interrupteur.

5)        Observez, écoutez, sentez : si vous détectez une odeur de brûlé, entendez un bruit anormal (vous ne devez rien entendre à part le bourdonnement très faible du transformateur), voyez un composant rougir (une résistance), arrêtez tout. Allez en 32).

6)        Si le fusible secteur ou un fusible de l’alimentation (partie basse-tension) saute, vous n’êtes pas très avancé. Il faut procéder différemment. Allez en 33).

7)        Si un fusible HP saute, le problème se situe probablement au niveau des transistors de sortie. Allez en 32).

Note : les cas, 4, 5 et 6 ne sont pas très cohérents avec les hypothèses mais peuvent parfois se produire pour diverses raisons qu’il serait trop long d’exposer ici. On peut en citer quelques une :

  • tentative de réparation précédente avortée, les fusibles ont été remplacés sans qu’il y ait un nouvel essai.
  • Cas de pannes multiple. Vous avez suivi la présente procédure une première fois, effectué une réparation (par exemple, changement d’un interrupteur ou d’un transformateur) puis vous êtes retourné en 1). Manque de chance, une autre panne (peut-être cause de la première) qui ne pouvait apparaître avant cette première réparation se déclenche.

On suppose ici que l’amplificateur est sous-tension et que rien d’apparent n’apparaît. C’est un cas idéal mais pas si rare que cela. Il permet de travailler calmement et méthodiquement.

8)        mesurez les tensions présentes à la sortie du filtrage. Si une tension est présente, allez en 15), sinon, allez en 9).

9)        Vérifiez les tensions à la sortie du transformateur. Si une tension est présente, allez en 13), sinon, allez en 10).

10)     Vérifiez les tension à l’entrée du transformateur. Si une tension est présente, allez en 14), sinon, allez en 11).

11)     Vérifiez les tension au niveau de l’interrupteur. Si une tension est présente en entrée mais pas en sortie de l’interrupteur (vous pouvez le tester à l’ohmmètre, l’amplificateur étant débranché), l'interrupteur est HS. Changez le et retournez en 1). Sinon, il s’agit probablement d’un problème de câblage. Testez, réparez et retournez en 1). Si aucune tension n’est présente à l’entrée de l’interrupteur, allez en 12).

12)     Vérifiez le câble d’alimentation. Il est probablement coupé (je passe le cas où il n’y a pas de secteur !). Retournez en 1).

13)     Si une tension non aberrante est présente (i.e. telle qu'après redressement et filtrage, elle est inférieure à la tension de service des condensateurs de filtrage : V = Vmesuré x 1.41), alors, il faut incriminer le pont de diode ou un câblage défectueux. Testez et réparez puis retournez en 1).

14)     Le transformateur est probablement coupé. Testez le par acquit de conscience (résistance infinie sur le secondaire ou le primaire) et changez le. Retournez en 1).

15)       S’il s’agit d’une alimentation symétrique (sinon, allez en 16) vérifiez que les tensions sont équilibrées. Si c’est le cas (différence inférieure à 1V), allez en 16). Sinon (différences supérieure à 1V), le transformateur est probablement défectueux. Déconnectez la sortie basse tension du transformateur et mesurez les tensions à vide. Si la différence se confirme, il est préférable de changer le transformateur. Sinon, c’est très curieux… Quelque chose dans une des lignes d’alimentation consomme beaucoup plus que dans l’autre. Reconnectez le transformateur à la partie redressement/filtrage en faisant en sorte de pouvoir mesurer l’intensité consommée. Vous devriez trouver une différence de consommation de courant significative. Il peut s’agir d’un condensateur de filtrage qui est en début de court-circuit (dessoudez, testez et remplacez si nécessaire) ou d’un problème dans la partie amplification de puissance. Allez en 20).

16)     Les valeurs mesurées ne doivent pas être supérieures aux tensions de service des condensateurs de filtrage. Elles devraient se situer entre 50 et 80% de la tension de service. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas (cas vécu : tension de service du condensateur 35V, tension d’alimentation 35V). Normalement, la tension d’alimentation ne devrait pas dépasser 80 à 90% de la tension de service du condensateur (dans les années 60, on conseillait 50%). Si les tensions sont trop élevées, il faut incriminer le transformateur (bizarre !)… ou une mesure prise après une alimentation stabilisée défaillante (auquel cas, vous avez probablement trouvé une panne mais vous avez pris la mesure de la tension au mauvais endroit, allez en 17) ou une réparation antérieure mal faite. Analysez le reste du montage pour voir les tensions de service des condensateurs situés sur la ligne d’alimentation ou la ligne de sortie. Si vous trouvez quelque chose, réparez et allez en 1). Sinon, changez les condensateurs de filtrage pour les mettre en cohérence avec la tension mesurée. Ce cas est anormal et improbable, sauf dans l’hypothèse d’une réparation précédente mal faite. Si vous ne remarquez rien d’anormal, allez en 17) s’il y a une alimentation stabilisée ou 20) sinon.

17)     Cas de l’alimentation stabilisée : mesurez les tensions avant et après la stabilisation (avant et après les ballasts qui doivent être montés sur radiateur). Elles devraient différer de quelques volts. Si c’est le cas et si les valeurs trouvées ne paraissent pas aberrantes (elles correspondent à des tensions réalistes par rapport aux tension de service des condensateurs de filtrages qui suivent (et qui sont supposés corrects, cf. cas cité en 16)), elles correspondent aux valeurs lues sur une diode zener ou un régulateur, elles correspondent à une alimentation compatible avec les tensions de commande d’un ou plusieurs relais…), allez en 20). Si elles sont quasiment identiques (moins de 1V), allez en 18).

18)     Mesurez la tension à la base du ballast ou à la base du driver du ballast. Si elle correspond à une tension cohérente avec les tensions de service des condensateurs de filtrage situés après le ballast, alors le transistor doit être changé (court-circuit entre émetteur et collecteur). Effectuez la réparation et retournez en 1). Sinon, allez en 19).

19)     Analysez le montage pour comprendre comment est réalisée la stabilisation qui est probablement en panne. Il peut s’agir d’une diode zener HS, d’un régulateur HS, d’un transistor de moyenne puissance HS. Réparez et retournez en 1).

Les alimentations semblent fonctionner

20)     Les alimentations semblent fonctionner correctement. Branchez une source haut-niveau (un lecteur de CD, un générateur de fonction) sur une des entrées haut-niveau de l’amplificateur (typiquement, les entrées Auxiliaire ou CD ou Tuner). On fait l’hypothèse que cette source fonctionne ainsi que son câble de liaison avec l’amplificateur. Sélectionnez l’entrée choisie. Positionnez le bouton de volume à 25% de sa course, la balance au milieu et tous les réglages de tonalité en position neutre (si vous disposez d’une commutation de type « direct » qui court-circuite tous les correcteurs et autres gadgets, mettez la en fonction. Mettez l’amplificateur sous tension. Le jeux consiste à suivre le signal sur tout son parcours jusqu’à la sortie HP. Toutefois, avant de procéder méthodiquement, regardez tout de suite à l’oscilloscope si vous avez un signal correct et d’un niveau relativement élevé (plusieurs volts) sur les sorties de l’amplificateur. Assurez vous que ces sorties sont sélectionnées. Si vous avez un signal correspondant à celui injecté, sur les deux voies, qu’il varie en fonction de la position du volume, il n’y a probablement pas de panne ou il s’agit d’une panne intermittente. Allez en 34). Sinon, il faut suivre le signal en passant par les points suivants :

Les entrées (RCA, DIN…). Vous ne détectez pas de signal. Peut-être y a-t-il un câble de liaison est défectueux, un connecteur mal soudé ? Si c’est le cas, réparer et reprenez la procédure de mesure à partir de 20).

Il peut s’agir d’un court-circuit au niveau de l’entrée ou plus loin. Arrêtez l’amplificateur, débranchez la source et sonnez les entrées. S’il y a un court-circuit, vérifiez s’il est au niveau des connecteurs, des câbles de liaison ou de capacités céramiques généralement soudées à même les entrées (plutôt rare pour ce dernier point). Si vous trouvez le court-circuit, réparez et retournez en 20).

La commutation : Les commutations peuvent s’encrasser (en particulier les contacteurs mécaniques) ou tomber en panne pour les commutations électromécanique ou électronique. Dans ce cas, le signal arrive jusqu’à l’entrée du commutateur et ne se retrouve pas à la sortie. Un nettoyage ou un changement des éléments actif règle le problème. Retournez en 20). Toutefois, pour les éléments actifs, vérifiez préalablement s’ils sont alimentés. Si ce n’est pas le cas, il peut s’agir d’un problème d’alimentation de l’amplificateur ou plus sûrement, un problème sur un commutateur qui commande la commutation électronique, voire, pour les amplificateurs les plus récents, un problème de la platine électronique qui réalise cette commande (la partie logique, généralement à microprocesseur, est peut-être défaillante). Dans ces derniers cas, bon courage !

Peut-être la commutation est elle en court-circuit. S’il s’agit d’une commutation mécanique (contacteur) les court-circuits se présentent plutôt entre les cosses d’entrées et de sorties que dans la mécanique du contacteur lui-même. Observez le et testez le en procédant à des changements d’entrées ou en désélectionnant l’entrée utilisée et en refaisant les tests à partir de 20).

Si la commutation est électromécanique (relais), les court-circuits sont plutôt rare. Si vous avez vraiment un doute, observez le montage pour voir si vous pouvez faire des tests alors que l’amplificateur fonctionne. Sinon, il faut dessouder et  tester le relais hors circuit.

Si le court-circuit se trouve après la commutation, cela signifie qu’il devrait disparaître lorsque l’entrée choisie n’est pas sélectionnée (et ne devrait pas apparaître si la commutation est électronique ou électromécanique).

 Le préamplificateur : suivez le signal à l’oscilloscope depuis l’entrée de cette platine jusqu’à la sortie (généralement, le potentiomètre de volume). Le signal ne devrait pas être modifié jusqu’au point chaud du potentiomètre de volume. Profitez en pour tester les autres fonctionnalités de l’amplificateur (commutation diverses, correcteur physiologique (loudness), graves, aigus, etc. En cas de perturbation dans ce trajet, la localisation du composant ça peut aussi être un bout de câble ou une piste de circuit imprimé coupée) devrait pouvoir se faire sans difficulté. Les pannes courantes dans cette partie de l’amplificateur sont rarement le fait de l’électronique. Il s’agit le plus souvent de problèmes de commutation (encore !) et de potentiomètres encrassés (utilisez de la bombe nettoyante ou changez les potentiomètres s’ils sont étanches).

     


Figure 6 Potentiomètre de volume Amplificateur Marantz PM80

 

La figure 6 permet de voir le potentiomètre de volume d’un amplificateur du commerce. Les trous situés sur le coté présentent l’avantage de le rendre facile à nettoyer avec un produit adéquat. On notera la présence de nombreux câbles de liaison qui sont autant de possibilités de faux contacts ou coupures sur certaines fabrications.

Les gaines bleues contiennent une nappe métallique. La commande en face avant fait coulisser cette nappe qui actionne un commutateur linéaire. Celui-ci peut ainsi opérer au plus près des signaux faibles près des entrées. La commutation à relais (également présente sur cet amplificateur) permet d’aboutir aux mêmes résultats. On trouve également le classique commutateur rotatif situé près de la face arrière mais auquel est fixé une rallonge qui permet de le commander depuis la face avant.

On se rappellera que dans certains amplificateurs, les potentiomètres mécaniques sont remplacés par des potentiomètre électroniques commandées par des signaux logiques. Ils ont l’avantage de ne pas s’encrasser et d’être moins coûteux que les potentiomètres motorisés que l’on trouve sur les amplificateurs munis d’une télécommande. Par contre, les contacteurs (micro-switch) ou roues codeuses permettant d’effectuer les réglages présentent parfois des faiblesses avec le temps.

Le signal doit être présent au point milieu du potentiomètre de volume. Il est souvent plus facile de prendre la mesure au niveau de la platine supportant l’amplification de puissance. Avec le réglage indiqué, le niveau du signal est inférieur à celui que vous avez suivi jusqu’à ce point. N’oubliez pas d’augmenter la sensibilité de votre oscilloscope avant de penser qu’il y a une panne. Actionnez le potentiomètre pour vérifier qu’il remplit bien son office. La suite se passe au niveau de l’amplification de puissance, en 21).

La partie amplification de puissance

21)     L’amplificateur est supposé en fonctionnement, dans la configuration décrite en 20). Le signal arrive jusqu’au point milieu du potentiomètre de volume. Pour continuer le jeu de piste, vous trouverez ci-dessous un schéma d’application d’étage d’amplification utilisant un amplificateur de tension STK3042.  L’amplificateur Marantz qui a servi d’exemple jusqu’à présent utilise un composant de la même famille.

Normalement, vous devez avoir un signal propre à l’entrée de l’amplificateur (ici, Lch et Rch IN). Le niveau de ce signal doit varier selon la position du potentiomètre de volume. Si c’est le cas, allez en 22). Si ce n’est pas le cas, il faut soupçonner le câble qui relie le  préamplificateur à l’amplificateur et en dernier recours, les composants d’entrée de l’amplificateur (les pannes à ce niveau sont assez rares). Réparez et retourner en 21).

 
Figure 7 Schéma d'application d'un préamplificateur de tension STK3042

 

22)     Vérifiez que l’amplificateur de puissance est correctement alimenté. Si c’est le cas, allez en 23). Ici, les points +/-Vcc devraient indiquer une tension de l’ordre de +/- 50V par rapport à la masse. Si cette partie de l’amplificateur n’est pas alimentée, recherchez un câble coupé ou un fusible qui a fondu (rappel : l’alimentation est supposée fonctionner correctement). Réparez et retournez en 1).

23)     Récapitulons les faits : l’alimentation fonctionne, il n’y a pas de trace de composant carbonisé, les signaux arrivent jusqu’à l’amplificateur de puissance mais il n’y a pas de signal en sortie. Si des fusibles sont présents au niveau des sorties HP, allez en 24). Si des relais sont présents en sortie HP, allez en 25).

24)     Fusibles : vérifiez la présence d’un signal en entrée. Si un signal est présent en entrée mais pas en sortie, les fusibles sont sans doutes coupés ou il y a un faux contact dans les supports. Remplacez les et retournez en 21).  Si aucun signal n’est présent, allez en 28).

25)     Relais : vérifiez la présence d’un signal en entrée. Si aucun signal n’est présent, allez en 28). Sinon, vérifiez la présence d’une alimentation au niveau des relais. Si les relais ne sont pas alimentés, allez en 26). Si les relais sont alimentés, vérifiez s’ils commutent à la mise sous-tension de l’amplificateur. S’ils ne commutent pas, allez en 27). S’ils commutent (« clic » caractéristique), les contacts sont peut-être encrassés ou cassés. Démonter le relais, testez le hors circuit, remplacez le si nécessaire. Parfois, il est possible de nettoyer les contacts à la toile émeri.

26)     Les relais ne sont pas alimentés mais les signaux sont présents. Vérifiez le circuit d’alimentation du relais. Peut-être que la temporisation à l’allumage est en panne (il peut s’agir d’un réseau RC et d’un  transistor ou un temporisateur type NE555). Vérifiez également si un éventuel circuit de protection ne serait pas en panne. Ces circuits ont pour rôle de couper les relais en cas de détection d’une tension continue. Peut-être y a-t-il une tension continue en sortie mais ce n’est pas très logique avec les hypothèses de ce scénario. Peut-être que le circuit de détection est en panne. Réparez et retournez en 21).

27)     Les relais sont alimentés mais ils ne commutent pas. La bobine d’excitation du relais est peut-être coupée. Démontez, le relais, testez le et remplacez le éventuellement. Retournez en 21).

28)     Aucun signal n’est présent à l’entrée des relais et/ou des fusibles. Dans le schéma Figure 1, ces éléments se trouvent en aval de Lch/Rch Out. La panne se situe en amont dans le circuit. Testez le contacteur de sélection des sorties s’il y en a (généralement, sélection HP1, HP2, off). Vérifiez la présence d’un signal en entrée du contacteur. Si le signal est présent en entrée mais pas en sortie, le contacteur est probablement défectueux. Shuntez le pour vérifier ce point, remplacez le si besoin est et retournez en 21). Sinon, allez en 29).

29)     En remontant dans le circuit, vous devez trouver un signal correct sur la base des transistors de puissance. Si c’est le cas et qu’aucun signal n’est présent sur l’émetteur, le transistor est probablement coupé. Testez les, remplacez ces transistors si besoin est et retournez en 21). Le même raisonnement s’applique pour les transistors situés en amont des transistors de puissance. Exceptionnellement, on peut imaginer que les résistances de puissance se trouvant sur la ligne des émetteurs (0.1 ohms dans le schéma utilisé à titre d’exemple) sont coupées. Testez les, remplacez les si besoin est et retournez en 21). Sinon, allez en 30).

30)     L’étage d’attaque de l’amplificateur est probablement en panne (dans le schéma utilisé à titre d’exemple, le STK3042). Vous devez trouver un signal en entrée (ici pin 1 et 15) et rien en sortie ou un signal très dégradé (pin 5, 6, 10, et 11). Remplacez le si c’est le cas et retournez en 21). Sinon, il s’agit probablement d’un élément de liaison (condensateur) qui est coupé. Les investigations doivent vous permettre de trouver le composant incriminé. Remplacez le et retournez en 21). Si vous ne trouvez rien, jetez un coup d’œil en 31).

31)     Certains montages comportent une commande « mute » et/ou une commande de temporisation électronique. Vérifiez si elle fonctionne. Le schéma ci-dessous donne à la fois un exemple de montage d’amplificateur de puissance avec le composant ST 7293 ou 7294 et montre comment peut-être réalisée une commande « mute » ou temporisation avec ce type de circuit. R4 ou R5 coupées ou C3 ou C4 en court-circuit forcera l’amplificateur en position « mute ». A noter également que si R4 et R5 ne sont pas reliées à une tension positive (via l’interrupteur ou câblées directement au V+ de l'alimentation) le même phénomène se produira.

 
Figure 8 Schéma d'application d'un amplificateur intégré ST7294

Composants douteux ou carbonisés

32)     Il n’est pas possible de traiter tous les cas de figure. Rassurez vous, le cas le plus courant est un problème au niveau des étages de sortie. Typiquement, une ou plusieurs résistances sont détruites. Cette destruction provient probablement d’un court-circuit dans les transistors de puissance. Il vous faudra les tester, éventuellement en les démontant et les changer. Si des fusibles se trouvent entre la sortie de l'amplificateur et les bornes de sorties pour haut-parleurs, ceux-ci sont probablement hors d’usage. Vérifiez les et remplacez les si besoin est. Ceci fait, retournez en 1).

Pensez à vérifier le bon isolement des transistors ou circuit intégrés par rapport au radiateur (si toutefois ils doivent être isolés). Un isolant défectueux peut entraîner un court-circuit fatal pour le composant et expliquer la panne.

Ce qui est vrai pour les résistances de puissance en sortie l’est également pour des résistances situées dans d’autres parties du circuit. Dans ce cas, il s’agit probablement d’une faiblesse intrinsèque de certains composants alors que dans le cas précédent, le court-circuit des sorties haut-parleurs est probablement la cause de la panne.

Le fusible secteur ou basse tension saute en permanence

33)     Vous n’avez pas détecté de panne apparente, les mesures hors tension n’ont rien donné mais un fusible d’alimentation saute dès que vous mettez l’amplificateur sous tension. Une méthode radicale (mais qu’il n’est pas toujours possible de mettre en œuvre) consiste à désolidariser un par un les sous-ensembles de l’amplificateur. On commencera par la partie puissance car la probabilité d’une panne à cet endroit est la plus importante. Une fois l’élément repéré, il vous faudra faire preuve de jugement pour détecter la panne. Il peut s’agir d’un condensateur de filtrage en court-circuit, d’un transistor de puissance en court-circuit, ou d’autre chose. Si vous en avez la possibilité, essayez d’alimenter la platine en cause avec une alimentation stabilisée (en tension et courant) de laboratoire afin de pouvoir effectuer des mesures « in vivo ». Une fois la panne détectée et réparée, retournez en 1).

Pannes intermittentes, son entaché de souffle, son fortement dégradé

34)     Les possibilités sont infinies. Parmi les causes possibles, les condensateurs chimiques en sont une surtout si l’appareil est ancien. Un remplacement systématique de ces composants peut régler le problème. Un défaut de masse peut également être à l’origine du trouble. Suivez le signal à l’oscilloscope depuis son entrée jusqu’à la sortie pour tenter de mettre en évidence un phénomène anormal.


Cas des amplificateurs à lampe

Les amplificateurs à lampe sont souvent plus faciles à réparer que leurs homologues à transistors :

  • Le nombre de composants actifs (tubes à vide) est plus réduit.
  • Ils sont conçus pour être réparés. L’accessibilité est en général meilleure que sur les amplificateurs modernes.
  • Les tubes sont faciles à changer et si l’on dispose d’un lampemètre, faciles à tester.

 


Figure 9 Intérieur d'un amplificateur à lampe monophonique Jason A-35

Avant toute intervention sur un tel amplificateur, une précaution s’impose : assurez vous que les sorties haut-parleurs sont chargées, soit pas un haut-parleur, soit par une résistance de valeur correcte (les amplis à lampe disposent généralement de plusieurs impédances de sortie) et de puissance adaptée (50W par exemple). En l’absence de charge, vous risquez tout simplement de détruire les très coûteux transformateurs de sortie.

Autre point à prendre en compte, les tensions mises en jeux dans de tels appareils sont beaucoup plus élevées que dans les amplificateurs à transistor (plusieurs centaines de volts). Donc, gare aux châtaignes.

Les amplificateurs à lampe sont redevenus à la mode dans les années 1990. Du coup, deux cas de figures se présentent :

    - vous disposez d’un amplificateur récent (moins de 20 ans).
    - vous disposez d’un amplificateur ancien (40 à 50 ans ou plus).

Les conseils qui suivent concernent plus spécifiquement les amplificateurs anciens. La première opération consiste à l’ouvrir et le nettoyer (pinceau, white spirit…). N’hésitez pas à enlever les lampes en prenant soin de bien noter leurs références et leur emplacement. Marquez ces emplacement sur le châssis (au feutre indélébile) si ce n’est pas déjà fait.

Nettoyez tous les contacteurs. Les contacteurs rotatifs sont généralement solide mais ont tendance à s’oxyder. Vérifiez également l’absence de court-circuit entre les fils qui arrivent sur le contacteur.

Nettoyez les supports de lampe avec un produit adapté.

Observez le câblage. Si les isolants partent en miettes où s’ils semblent douteux, refaite le. C’est une cause de panne fréquente qui peut entraîner des court-circuits.

Parfois, les supports de lampe sont montés sur circuit-imprimé ce qui n’est pas forcément ce que l’on fait de mieux. La chaleur dégagée par les lampes peut entraîner des faux contact au niveau du support et du circuit imprimé (si les soudures ont été mal faites) et si le circuit n’est pas d’excellente qualité, celui-ci peut se décoller du support, généralement en bakélite. En général, les lampes de puissance sont montées en l’air pour ces raisons.

Changez systématiquement les condensateurs chimiques (cause de panne classique due au vieillissement). Le mieux peut-être l’ennemi du bien : soyez au plus près des valeurs des condensateurs chimiques de filtrage d’origine si le redressement se fait à l’aide de lampes. Si vous augmentez trop fortement cette valeur, vous risquez de détruire la valve ou le transformateur.

Changez systématiquement les condensateurs papiers (cause de panne classique due au vieillissement).

Vérifiez en circuit les résistances, en particulier, les résistances agglomérées. Si les valeurs diffèrent trop de celles indiquées, testez les hors circuit. Les résistances agglomérées sont solides mais génèrent du souffle et voient leurs valeurs varier de manière importante. Remplacez les par des résistances plus modernes de même puissance. Par contre, les résistances bobinées sont fiables et ne doivent être changées qu’en cas de panne franche. Certaines résistances bobinées présentent une faiblesse au niveau des extrémités. Ces faiblesses se traduisent par des faux contacts, voire, une coupure franche. Pour les faux contacts, un essai en fonctionnement permet généralement des les repérer.

Vérifiez que les transformateurs ne sont ni coupés, ni en court-circuit (panne classique due à une mauvaise utilisation).

Si vous disposez d’un lampemètre, testez toutes les lampes et remplacez celles qui sont usagées ou en panne. Il faut se rappeler que la durée de vie des lampes est limitée (typiquement quelques milliers d’heures de fonctionnement).

Ceci-fait, ce qui a été dit pour la réparation des amplificateurs à transistors s’applique également aux amplificateurs à lampe. En prenant les précautions indiquées précédemment, mettez l’appareil sous tension et procédez comme pour les amplificateurs à transistors. Les quelques particularités à prendre en compte sont :

  1. l’alimentation : le redressement peut être par lampe (valve) ou par diode germanium ou silicium. Les courants mis en jeux dans la haute tension sont inférieurs à ceux que l’on trouve dans les amplificateurs à transistor. Par contre, les tensions sont plus élevées.
  2. le chauffage des lampes : à vérifier systématiquement. Celui-ci ne doit pas être inférieur ou supérieur de 10% à ce qui est prévu par le constructeur de la lampe.
  3. les problèmes d’isolation entre filament et cathode des lampes pouvant entraîner un ronflement à 50hz en sortie.

En fonctionnement, n’hésitez pas à tapoter sur les résistances bobinées à collier. Un crachement net est le signe d’un faux contact qui nécessite le remplacement du composant.

Idem pour les lampes. Un son net en sortie est le signe d’une lampe qui présente un caractère microphonique prononcé. Changez là.

Une lampe qui rougit violemment indique un problème dans le circuit (condensateur en court-circuit, résistance coupée par exemple). Arrêtez immédiatement l’amplificateur et cherchez le composant fautif.

Une lampe qui bleuit ou qui provoque des étincelles est généralement en panne. Il faut la remplacer. Attention : il existe des lampes au néon utilisées pour stabiliser les tensions et dont la couleur est bleu-mauve en fonctionnement normal.

Moyennant ces quelques conseils, la remise en service d’un amplificateur à lampe ne devrait pas vous poser trop de problèmes.


Reconditionnement d'un amplificateur

Par reconditionnement d'un amplificateur, on entend ici, la remise au plus près de l'état d'origine de l'appareil (en terme de performance et de durée de vie espérée). L'appareil est supposé fonctionner correctement.

Comme déjà dit, un amplificateur est un appareil simple pour lequel les possibilités de reconditionnement sont extrêmement limitées.

  • Les résistances : si elles sont à couche métaliques ou bobinées, ne pas les changer. Vous pouvez envisager un changement des résistances à couche de carbone par des résistances à couche métaliques mais il est fort probable que vous n'entendrez aucune différence entre avant et après le changement. Par contre, changez impitoyablement les résistances agglomérées (voir "pour s'y retrouver dans les composants").
  • Les potentiomètres : certains modèles sont dédiés à l'appareil. Dans ce cas, le changement est délicat et le nettoyage est suffisant (bombe anti-scratch). Pour les modèles normaux, ne les changez que pour mettre des potentiomètres haut de gamme. Sinon, c'est inutile.
  • Les condensateurs : ne pas changer les condensateurs céramiques, mica (rare sur un amplificateur, possible sur un ampli-tuner), mylar, etc. Eventuellement, changez les condensateurs papiers par des condensateus plastique (polystyrène, polypropylène...).
    Concernant les condensateurs chimiques, la question est plus délicate. Vous trouverez des personnes, dans certains forums d'électronique, qui expliquent doctement qu'après 15 ou 20 ans, les condensateurs chimiques sont à changer. On ne peut pas être aussi systématique, même s'il est vrai qu'il s'agit d'un composant qui a tendance à se dégrader. Certains condensateurs de 50 ans ou plus conservent leurs caractéristiques (en matière de capacité et d'isolement). D'autres au contraire voient leurs caractéristiques chuter, parce que de moins bonne qualité ou parce que plus sollicités. Si vous avez le temps et la patience, ou si l'appareil a parfois des réactions anormales (bruits aléatoires), vous pouvez tenter l'expérience. Tant qu'à faire, choisissez des condensateurs de faible résistance interne. Dans la mesure du possible, soyez aussi proche que possible de la capacité initiale (la tension de service peut par contre être largement supérieure sans aucun problème, à part le prix et la taille). Toutefois, pour des condensateurs de découplage ou de filtrage, un doublement de la valeur n'a aucun inconvénient sauf pour le filtrage des alimentations redressées par un tube à vide. Dans ce dernier cas, restez au plus près de la valeur initiale..
  • - Les semi-conducteurs : en règle générale, ne les changez pas ! Cas particuliers : il existe des kits de remplacement d'amplificateurs opérationnels pour certains appareils. Vous pouvez tenter le remplacement ce qui est censé se traduire (je n'ai jamais fait l'essai) par une amélioration de la dynamique et du quotient signal/bruit.

    - La mécanique : nettoyez mais ne changez pas.

    - Les lampes d'éclairage : vous pouvez envisager un remplacement par des LED, beaucoup plus fiables que les ampoules à filament.

    - le transformateur : ne le changez pas.

    - le cordons d'alimentation : à changer si abimés.

Donc, en règle générale, sauf pour certains condensateurs et certaines résistances, il n'y a pas grand chose à changer pour effectuer un reconditionnement.


Réglages d'un amplificateur

Les possibilités de réglage d'un amplificateur sont généralement extrêmement limitées. Encore une fois, un amplificateur de puissance est un appareil simple et de plus, les contraintes de production industrielles font que les fabricants préfèrent limiter les réglages en usine pour des questions de coûts.

Les deux réglages classiques parfois présents sont :

  • la tension d'alimentation secteur
  • le courant de repos (vs la polarisation) de l'étage de puissance

Certains amplificateurs prévoient un réglage de la tension d'alimentation. Dans le meilleurs des cas, il s'agit d'un sélecteur. Dans d'autres cas, ce réglage se fait par des câbles soudées à l'entrée du transformateur d'alimentation.

Dans tous les cas, vérifiez que la tension secteur n'est pas supérieure à la tension prévue d'alimentation. Si vous trouvez 230V alors que lalimentation prévue est 220 volts, sélectionnez 230 ou 240 volts sur l'amplificateur lorsque cela est possible. La raison ? Certains amplificateurs utilisent des composants aux limites de leurs possibilités (condensateurs, circuits intégrés). Une surtension permanente ou une tension trop proche de cette limite peut les endommager. Mieux vaut sacrifier quelques dizièmes de watts que de prendre le risque de voir ces composants flancher.

Le réglage du courant de respos ne devrait être envisagé qu'en cas de remplacement de composants dans l'étage de puissance. Toutefois, il est des cas où ce réglage est nécessaire même si vous n'avez rien changé :

  • une réparation antérieure a été  mal faite
  • il y a eu dérive des caractéristiques de certains composants
  • le moyen de réglage (généralement, une résistance ajustable) est encrassé ou cassé.

En l'absence de données du constructeur et d'appareil de mesure adaptés (générateur BF, oscillscope), vous pouvez procéder ainsi (pour un amplificateur en classe AB avec alimentation symétrique, le plus courant) :

  • commencez par court-circuiter une entrée haut niveau de l'amplificateur (par exemple Tuner) et sélectionner cette entrée pour effectuer le réglage : le réglage du courant de repos se fait à vide (i.e. en l'absence de signal).
  • régler le potentiomètre jusqu'à avoir 50 mA dans l'étage de puissance. Pour faire cette mesure, soit vous dessoudez une résistance de puissance que vous devriez trouver sur la ligne reliant les transistors de puissance NPN et PNP, soit vous mesurez la différence de potentiel aux bornes d'une de ces résistances. Cette tension sera faible car la valeur des résistances est faible.

Si vous disposez d'un générateur BF et d'un oscilloscope, profitez en pour vérifier la symétrie du signal de sortie et le fait que pour de très faibles puissances, le signal est  intégralement amplifié sur chacun des transistors NPN et PNP de l'étage de sortie. Au delà d'une certaine valeur, vous aurez un écrêtage ce qui vous donnera la tension à partir de laquelle l'amplificateur fonctionne en classe B.

Pour finir, vérifiez le niveau de tension continu au niveau du bornier des haut-parleurs. Vous devriez avoir une valeur au repos de l'ordre de 50mV. Très au delà, cela signifie qu'il y a un problème (panne ou mauvais réglage) qui risque de mettre en danger les haut-parleurs et l'amplificateur lui-même.

On rappelle qu'en classe AB, un amplificateur au repos chauffe peu. En cas de mauvais réglage (par excès), la température devrait rapidement augmenter (parfois sur un seul demi étage ce qui indique une mauvaise symétrie du réglage) et vous devez arrêter l'amplificateur au plus vite, laisser refroidir et refaire le réglage.

Si vous avez des doutes sur la résistance ajustable, changez là en choisissant un modèle de très bonne qualité.