Réparation des postes à lampes
(C) Pascal Chour - 2006

Introduction

L'objectif de cette page n'est pas de fournir une méthode complète et universelle pour remettre en état nos chères vieilleries. Tout d'abord, elle ne concerne que les postes à lampes. Ensuite, il existe déjà des ouvrages sur le sujet qui pourront satisfaire ce besoin. Par exemple, si vous cherchez une méthode de réparation des postes, vous pourrez tenter de vous procurer l'ouvrage "l'art du dépannage et de la mise au point de postes de T.S.F." de Lucien Chrétien, ingénieur E.S.E. (aujourd'hui, on dit Supélec), disponible dans toutes les bonnes brocantes.
 

Toutefois, il est parfois bon de consulter plusieurs sources. Certaines méthodes peuvent s'avérer mieux adaptées que d'autres selon l'état d'esprit du moment où la personnalité du réparateur. Voici donc ma propre façon de procéder. Je rappelle simplement qu'elle est celle d'un réparateur et pas d'un collectionneur. Mon objectif n'est pas forcément de conserver le poste tel qu'il était lors de sa construction mais de le remettre en marche.

Note : pour ceux qui veulent des détails écrits par un maître sur le dépannage, j'ai numérisé "l'art du dépannage" (en OCR). Pour les personnes pressées, elles peuvent regarder le résumé à la fin de l'art du dépannage.

J'ai également numérisé en OCR le cours réparation d'Eurelec sur la réparation. Un peu à l'instar de l'art du dépannage, vous trouverez un processus un peu systématique pour l'aide au dépannage. J'y ai ajouté une navigation hypertexte pour en faciliter l'usage.

Enfin, pour ceux qui ne connaissent rien à la TSF (la radio) et qui voudraient un document abordable sur le sujet, consultez "la TSF sans mathématiques" de Lucien Chrétien".


Outillage de base

Je passe sur le petit outillage (clés, tournevis, marteau (non, pas besoin de marteau), etc.). Un fer à souder puissant est conseillé. Pour ma part, j'utilise depuis 1975 un increvable Engel Lotter de 100W. En ce qui concerne l'équipement de mesure, outre l'indispensable multimètre électronique, un des appareils qui m'a jusqu'à présent été le plus utile est le signal tracer. Celui que j'utilise est à lampe (Heathkit IT12). Il dispose en plus d'une fonction de test de composants passifs sur circuit qui s'avère remarquablement efficace : vous mettez la pince crocodile sur une extrémité du composant et la pointe de touche de la sonde sur l'autre. Si vous entendez des bruits bizarres (crachement, ronflements) dans le haut parleur du signal tracer, le composant doit être considéré comme douteux et remplacé.

Si vous avez la possibilité de vous procurer un lampemètre, n'hésitez pas. Cela vous permettra de faire le tri de vos lampes et d'éviter de passer du temps à tenter de réparer un poste avec une lampe H.S. 

Un capacimètre peut s'avérer utile, ne serait-ce que pour retrouver la valeur d'une capacité dont les références ont été effacées. Pour ce qui me concerne, je me suis débrouillé sans pendant 30 ans mais j'ai fini par craquer vers 2005.

L'oscilloscope permet de gagner du temps lors de certaines mesures ou recherche de signaux mais il n'est pas indispensable sauf... si vous tombez sur un poste complètement désaligné ou à réaligner. Il vous faudra alors également un générateur H.F. 

Indispensable, un ouvrage sur les lampes, leurs brochages, leurs caractéristiques vous permettra de prendre les mesures aux bon endroits et de les interpréter correctement. Quoique qu'avec Internet, il est en général possible de trouver les caractéristiques des lampes sur le Web.
 

Comme on le voit, l'équipement de base peut s'avérer relativement frustre et permet de traiter la plupart des cas de figure. Il faut bien sur y associer une bonne réserve de composants adaptés au contexte (capacités supportant parfois des tensions élevées, résistances d'un demi watt ou plus... et parfois (souvent), des tubes de rechange). Si vous avez des problèmes pour vous y retrouver dans les composants, consultez "pour s'y retrouver dans les composants".


Premier contact

Vous avez acheté un poste à la braderie du coin ou une de vos connaissances vous apporte l'appareil de grand-papa qui traînait dans une cave ou un grenier depuis 30 ans.

Surtout, ne vous précipitez pas sur la première prise de courant venue pour voir "si il marche". En procédant ainsi, vous avez de grande de le mettre en panne définitivement ! Suivez pas à pas les conseils donnés ci-dessous. Evidemment, ces conseils ne s'appliquent pas si vous avez acheté un poste "restauré" et que vous avez pu échanger avec le vendeur sur l'état général de fonctionnement.

La première observation de l'état général externe vous donne une idée de travail que vous aurez à réaliser sur l'ébénisterie. Demandez vous si c'est la peine d'aller plus loin...

Les postes se démontent généralement par l'arrière. Démontez la face arrière. Il existe parfois une trappe d'accès située sous le poste. Démontez là également et observez l'intérieur.

Souvent, le premier constat est qu'il y a beaucoup de poussière. Avant d'envisager un nettoyage, regardez bien sur les cotés intérieurs du poste ou sur l'intérieur de la face arrière s'il existe un schéma d'implantation des lampes. Si c'est le cas, recopiez le sur un papier avec toutes les références inscrites. Pourquoi le recopier ? Les schémas se trouvent parfois sur un papier collé dans le poste. Pour peu qu'il ait vieilli (avec la chaleur...), il risque de tomber en petits morceaux. Parfois, le schéma est imprimé sur la face arrière du poste. Mais l'impression est peut être presque complètement effacée et le fait de tenter de nettoyer peut la faire disparaître complètement. Un compromis est parfois à trouver entre un léger dépoussiérage et ne rien voir du tout. Utilisez un pinceau doux pour faire cette opération.

Observez l'état des câbles visibles. Les câbles avec isolant caoutchouc vieillissent souvent plus mal que ceux isolés avec du tissus. Tous les câbles avec un isolant en mauvais état devront être changés. Il peut s'agir en particulier du câble d'alimentation secteur. Vous pouvez envisager de le remplacer par un cordon avec prise de terre, la terre étant normalement connectée au châssis. Attention aux déconvenues : il arrive assez souvent que le poste soit fuiteux et fasse disjoncter votre installation électrique. Il peut être difficile de trouver (ou pénible de chercher) d'où provient la fuite. Dans ce cas, ne connectez pas la terre et assurez vous qu'aucune partie métallique du poste n'est accessible depuis l'extérieur en fonctionnement normal (vérifier en particulier que les boutons n'ont pas de parties métalliques accessibles reliées au châssis).

Si l'électronique vous paraît en bon état (câbles bien isolés, toutes les lampes présentes, pas de trace de fuite au niveau du condensateur chimique de filtrage de l'alimentation, fusible non coupé, etc.), vous pouvez tenter de mettre le poste sous-tension. Dans tous les autres cas, mieux vaut s'abstenir.

Note concernant les condensateurs chimiques : si vous avez le moindre doute sur les condensateurs chimiques, changez les. On ne doit remettre en route un poste à lampe que si l'on est sur que les condensateurs chimiques sont en bon état.


Première mise sous-tension

Vérifiez la tension de fonctionnement du poste. Certains postes ne fonctionnent qu'en 110v. Il vous faudra utiliser un auto-transformateur. Pour les autres, positionnez le sélecteur de tension sur celle de votre secteur (230v en France). Il peut arriver que le contacteur marche / arrêt (souvent sur le bouton de volume, parfois sur le sélecteur de gammes d'ondes, parfois sur le correcteur de tonalité) soit H.S. Pour cette raison, il est préférable de brancher le poste sur une prise munie d'un interrupteur.

Durant cette phase, il faut que vous puissiez observer l'intérieur du poste. Positionnez le bouton de volume à quart de course et placez vous sur une station puissante (en petites ondes).

N'oubliez pas de brancher une antenne extérieure si votre poste ne possède pas d'antenne intérieure (c'est généralement le cas sur les postes anciens). En quoi consiste cette antenne ? Dans le passé, on utilisait un cadre en bois autour duquel était bobiné un grand nombre de tours de fil émailllé fin. Un sélecteur permettait de choisir la longueur de ce fil en fonction de la gamme d'ondes.

On trouvait également des antennes en forme de ressort pouvant s'étirer sur environ deux mètres. Tout ceci est devenu introuvable dans le commerce traditionnel. Pour ma part, j'utilise un simple fil électrique isolé d'environ deux mètres ce qui m'a toujours donné des résultats satisfaisants. Branchez ce fil via l'intermédiaire d'une prise banane dans la prise antenne prévue à cet effet. Généralement, la prise d'à coté est destinée à la terre. Ne la branchez pas.

Mettez le poste sous tension. Observez attentivement les lampes et plus particulièrement la valve (située généralement à proximité du transformateur, lorsqu'il y en a un). Si une lampe rougit rapidement et fortement, coupez immédiatement l'alimentation. Idem si vous entendez un grésillement dans l'électronique (pas dans le haut parleur) ou si une fumée apparaît.

Si votre poste fonctionne, tant mieux pour vous. Mais vous n'en avez pas terminé pour autant. Il vous faudra probablement procéder à un nettoyage comme décrit ci-après. S'il ne fonctionne pas ou si vous vous trouvez dans une situation intermédiaire. (le son est mauvais, il y a des ronflements dans le haut-parleur, etc.) vous avez de quoi passer un ou plusieurs week-end passionnants.


Démontage du châssis

Il faut généralement commencer par démonter les boutons. Ceux-ci sont parfois simplement enclipsés, le plus souvent vissés. Les vis sous souvent rouillées et ne se laissent pas dévisser. Un peu de dégrippant devrait vous permettre d'en venir à bout.

Le châssis métallique est souvent fixé au boîtier par des vis à bois accessibles soit par l'intérieur (à l'arrière), soit par le dessous. Parfois, il s'agit de boulons et d'écrous. Le haut-parleur est souvent directement fixé sur le boîtier par des vis. La longueur des câbles le reliant à l'électronique n'est pas toujours suffisante pour permettre de sortir le châssis sans démonter le haut-parleur. Dans ce cas, deux solutions. Soit vous le démontez, soit vous coupez les câbles qui le relient à l'électronique. La première solution est souvent la meilleure, en particulier, si vous devez restaurer l'ébénisterie : dans ce cas, vous serez de toute façon obligé de démonter le haut-parleur.

Sortez le châssis du boîtier, avec le haut-parleur si vous l'avez démonté et posez le tout sur un plan de travail.

Attention, ne jamais faire fonctionner un poste avec le haut-parleur débranché. Selon les montages, vous risquez de détruire le transformateur de sortie.

Vous pouvez jeter un coup oeil sur le cours de réparation n°1 d'Eurelec si vous souhaitez d'autres détails.


Démontage des lampes

Si vous n'avez pas le schéma d'implantation des lampes, munissez vous d'une feuille de papier et d'un crayon et faites un schéma d'implantation par rapport au châssis. Retirez les lampes une à une en reportant leur référence sur le schéma. Pour le démontage des lampes, prenez soin de ne pas mettre vos doigts à l'endroit où se trouve imprimées leurs références. Cette impression résiste souvent mal au temps (surtout sur les lampes des années 50). Si les références sont effacées, observez la lampe sous un certain angle en l'embuant avec votre souffle. Peut-être aurez vous la chance de voir une légère différence de brillance et pourrez vous retrouver tout ou partie de la référence.

Nettoyez les lampes (en prenant soin de ne pas effacer la référence). Pour ma part, je les renote systématiquement sur les lampes avec un feutre indélébile.


Démontage et réfection du cadran

Il est préférable de démonter le cadran pour le nettoyer. Il s'agit souvent d'une plaque de verre imprimée. Attention : la plaque de verre et les impressions sont fragiles. Pour pouvoir démonter cette plaque, il faut parfois retirez les supports des lampes d'éclairage. La plaque elle-même est souvent maintenue entre des pinces métalliques serrées par des vis. Dévissez les en maintenant la plaque de verre de façon à ce qu'elle ne tombe pas. Généralement, les pinces métalliques serrent la plaque de verre via des caoutchouc afin d'absorber les dilatations et d'éviter un contact direct verre-métal. Ces caoutchoucs sont généralement complètement cuits et doivent être remplacés. Pour ma part, j'utilise des joints de fenêtre en bande adhésive.

Le nettoyage de la face avant du cadran en verre peut se faire avec n'importe quel produit de nettoyage pour vitrages. La face arrière sur laquelle se trouve généralement l'impression des stations demande plus de précautions. Si l'impression est recouverte de vernis, vous pouvez sans risque procéder comme pour la face avant. Si l'impression n'est pas protégée, tentez un nettoyage avec un pinceau doux sur les parties imprimées. Malheureusement, ce simple nettoyage peut parfois faire disparaître une partie de l'impression. On peut savoir a priori si l'impression est encore en mesure de résister à ce traitement. Si des lettres ou des chiffres sont déjà effacés, si vous apercevez des particules de peinture sur la plaque en verre, alors, l'impression est en mauvais état. Procédez alors avec beaucoup de soin pour ne pas trop aggraver la situation.

Si vous disposez d'un scanner, je vous conseille de numériser le cadran. Si un jour il lui arrive un malheur, vous pourrez toujours en refaire un à partir de son image numérisée.

Vous trouverez ici quelques exemples de cadrans numérisés et refaits pour certains. Mais au fait, comment procéder pour refaire le cadran à neuf? En fait, ça dépend du contexte et du matériaux:

Vous trouverez quelques informations intéressantes sur les problèmes de cadrans dans le cours de réparation d'Eurelec. A noter que cette partie du cours s'intéresse également à la commutation.


Nettoyage du châssis et de l'électronique

Dépoussiérez le châssis et tout ce qui est accessible avec un pinceau. Si vous êtes courageux, vous pourrez le nettoyer plus à fond avec du white-spirit. Attention de ne pas choquer les lamelles du condensateur variable pendant cette opération.

Retournez le châssis et nettoyez l'intérieur.

Nettoyez tous les contacts accessibles (sélecteur de gamme d'onde, condensateur variable, en particulier au niveau des axes) avec de la bombe anti-scratch. Nettoyez de la même façon les potentiomètres, les supports de lampes, les prises antennes, H.P., pick-up, etc. Lubrifiez les axes mécaniques du condensateur variable et des éventuelles poulies d'entraînement de l'aiguille des stations.

Pour terminer, notez les références des lampes à coté des supports avec un feutre indélébile.

Après ce traitement, votre poste aura pris un petit coup de jeune et augmentera votre motivation pour venir à bout de la panne.


Dépannage de l'électronique

Le condensateur de filtrage H.S. est une cause de panne classique des postes à lampe. S'il vous paraît ancien (de taille imposante par rapport à la capacité annoncée) ou si des traces de matière ont coulé en dessous, changez le. Cela vous évitera bien des soucis par la suite. S'il est tombé en panne pendant la longue période de sommeil du poste, vous avez une chance que la valve soit encore bonne. Sinon, elle sera probablement à changer.

Observez les composants passifs. Vérifiez si certaines résistances n'ont pas trop noirci, s'il n'y a pas de composants dessoudés, etc. Changez les condensateurs qui ont coulé ou ceux dont l'enveloppe de verre est brisée. Si vous avez un doute sur les capacités situées au niveau de l'alimentation (en général, des 0,1µF), changez les également. Voici à ce propos quelques remarques sur le marquage des condensateurs :

Refaite les parties du câblage qui vous semblent en mauvais état.

Si vous disposez d'un lampemètre, vérifiez les lampes et changez celles qui sont mauvaises.

Si vous disposez d'un appareil permettant de tester les composants montés (Cf. Signal Tracer), vérifiez les condensateurs de découplages et les résistances. Changez tous les composants douteux.

Remontez les lampes sur le poste, changez le fusible si besoin est et procédez à la mise sous-tension. Avec un peu de chance, les problèmes d'alimentation devraient être résolus.

Si d'autres lampes que la valve rougissent, vous devrez rechercher un composant défectueux (capacité coupée ou en court-circuit ou résistance coupée). Des méthodes d'aide au dépannage telle que celle citée au début de cette page devrait vous permettre d'aboutir.

Si le poste reste muet (ou a un son exécrable), le Signal Tracer devrait vous permettre de vous en sortir. Il faut un minimum d'intuition, avoir une idée des différents étages qui constituent un poste de radio et disposer d'un ouvrage fournissant le brochage et les caractéristiques des lampes.

Enfin, il faut le répéter même si cela semble évident, toute réparation sérieuse doit passer à un moment ou à un autre (le plus tôt possible en fait) par une mesure des tensions de l'appareil. Il faut bien sur avoir une idée des valeurs à obtenir. En l'absence de plan (cas courant, quoiqu'avec l'internet, de plus en plus de plans sont désormais gratuitement disponibles), utilisez les caractéristiques des lampes et en particulier, les tensions d'anode et de grilles mentionnées dans les fiches de caractéristiques. Des valeurs abérantes doivent, soit faire penser à une panne, soit indiquer un montage particulier du tube.


Signal-Tracer

L'outil de base pour la recherche rapide de panne sur un poste à lampe est le signal tracer (dépannage dynamiqe). Si vous maitrisez l'anglais, regardez les pages 19 à 21 du manuel utilisateur du signal tracer IT12. Sinon, en voici un résumé.

Les tests au signal tracer ne devraient être réalisés qu'après avoir vérifié les tensions sur les tubes du poste (dépannage statique). Si vous n'avez rien trouvé d'anormal lors de cette analyse,  le signal tracer peut vous être utile pour repérer l'étage en panne d'un poste. La figure ci-dessous donne le schéma simplifié d'un poste à lampe (cf. manuel du signal tracer IT12).

 

Pour démarrer, accordez le poste sur une station puissante et mettez le volume du poste au minimum. Connectez la masse du signal tracer au châssis du poste. Réglez la sonde sur "RF" (Radio fréquence). Dans ce mode, la pointe de la sonde est reliée à une diode de détection. Positionnez la pointe de la sonde sur la grille d'entrée du tube de détection (A sur la figure). Cette grille est reliée à l'antenne est au condensateur variable d'accord. Un signal devrait être présent et audible dans le signal tracer (le volume du signal tracer doit être réglé à un niveau élevé). Si le système d'accord est déréglé ou cassé, tournez le condensateur variable jusqu'à obtenir un signal.

Si vous n'entendez rien, la panne se situe dans le circuit d'antenne.

Dans le cas contraire, mettez la pointe de la sonde sur l'anode du tube détecteur/oscillateur. Vous devriez obtenir le même signal que précédemment avec plus de puissance. Si ce n'est pas le cas, vérifiez le tube en question.

Si vous avez un signal, il est probable qu'il sera accompagné d'un bruit de fond assez important. Ce bruit est créé par le signal tracer lui même (le quotient signal sur bruit n'est en général pas terrible et le niveau d'amplification très élevé. De plus, dans ces étages, la tension continue n'est généralement pas très bien filtrée).

Le signal peut être tracé à travers les différents étages de fréquence intermédiaires du poste. Dans certains cas, la sonde peut créer un léger déréglage de l'accord due aux capacités parasites introduites. Si c'est le cas, vérifiez la présence du signal à l'étage suivant. S'il est présent, vous pouvez assumer que l'étage précédent est bon.

En avançant ainsi, vous pouvez isoler rapidement l'étage en panne : c'est celui qui se situe entre l'endroit où vous avez un signal et l'endroit ou vous n'en avez plus. Après, il faut tester les composants pour trouver le fautif (on suppose que le poste n'a pas été désaligné).

Après le dernier étage FI, la sonde doit être mise en position "BF" (suppression de la diode de détection). Depuis l'étage de détection  (pin 5 et 6 du tube C), le signal peut être tracé à travers les divers circuits de couplages jusqu'à l'étage de sortie (tubes C et E).

Lorsque l'on utilise un signal tracer, il faut avoir à l'esprit que l'appareil détecte aussi bien la présence comme l'absence de signal. Par exemple, il est d'usage d'utiliser un condensateur de "by-pass" dans la cathode du tube de sortie (pin 8 du tube E). Si le condensateur est coupé, il y aura un signal sur la cathode alors qu'un condensateur en bon état devrait court-circuiter ce signal à la masse.

Un signal tracer comme le modèle IT12 permet également de détecter les composants en mauvais état grâce à sa fonction "noise locator". Dans cette position, une tension continue de 100V est présente entre la masse et la sonde (prenez les précautions d'usage et n'utilisez pas cette fonction sur un poste à transistors). Pour utiliser cette fonction, le poste doit être éteint. Mettez la pince crocodile à l'extrémité d'un composant à tester et la pointe de la sonde à l'autre extrémité. Si vous entendez des ronflements et crachements dans le haut parleur du signal tracer, le composant est douteux.

Pour plus d'information sur l'utilisation d'un signal tracer, regardez le cours n° 12 d'Eurelec disponible sur ce site. Attention, je ne sais pas s'il s'agit d'une erreur purement française ou si elle est plus répandue mais il y a souvent confusion entre "signal tracer" et "injecteur de signal" (peut-être un problème de traduction de l'anglais vers le français dans ces années là ?). Toujours est-il que pendant longtemps, les injecteurs de signaux ont également été appelés "signal tracer". Eurelec fait également cette erreur. Un injecteur de signal est un appareil qui produit un signal carré. Ce signal peut être injecté à divers endroits d'un montage audio ou radio  pour analyser comment ce signal se propage. L'injecteur de signal peut être utilisé seul ou en combinaison avec le signal tracer. C'est pourquoi de nombreux signal tracer proposent également cette fonctionnalité (pas le IT12 malheureusement).

Avec le temps, l'oscilloscope étant devenu d'un prix plus abordable (on en trouve en 2009 à moins de 150€ ! Ils sont suffisants pour réparer des postes de radio), cet appareil a remplacé petit à petit le signal tracer. Toutefois, pour qui n'est pas familier avec l'utilisation d'un oscilloscope (en particulier, pour interpréter les courbes), le signal tracer est plus simple d'emploi.


Quelques pannes classiques

Beaucoup de pannes sont dues à des condensateurs coupés ou en court-circuit. Les plus visés sont les condensateurs chimiques et les condensateurs papiers noyés dans une sorte de goudron. Pour ces derniers, ne soyez pas effrayé par les tensions de service indiquées (1500v par exemple). Ils peuvent généralement être remplacés par des condensateurs dont la tension de service est de 400 ou 600v et que l'on trouve encore couramment. Si vous n'avez pas pu mesurer la tension continue aux bornes du condensateur à remplacer, faites le après le remplacement pour vous assurer que le nouveau condensateur est correctement dimensionné. Attention : un condensateur claqué doit également faire penser à une résistance coupée, surtout lorsqu'elle se trouve en parallèle du condensateur.

Il n'est pas rare que sur un poste ancien, on soit obligé de changer la plupart des condensateurs de découplage ou de liaison. Par contre, ne changez les condensateurs au mica qu'en dernier recours. Ceux-ci sont très stables dans le temps et sauf problème mécanique au niveau des oeillets, ils ne causent généralement pas de soucis.

Certaines anciennes résistances étaient composées d'un corps résistif (bobiné ou autre) sur lequel venait se clipser un cerclage métallique. Avec le temps, de mauvais contacts se forment. Les pannes qui en résultent ne sont pas toujours franches. Il faut parfois secouer le composant pour vérifier s'il n'introduit pas de dysfonctionnement.

Les résistances agglomérées ne sont pas ce que l'électronique a produit de mieux. Si elles sont solides, elles dérivent énormément avec le temps. Par chance, leur résistance a plutôt tendance à augmenter. Pourquoi par chance ? Et bien parce que vous pourrez les tester sur circuit sans les dessouder. Si vous lisez à l'ohmmètre une valeur très supérieure à leur marquage (>> 20%), vous pouvez les changer. Une valeur de résistance trop importante peut entraîner une mauvaise polarisation des lampes et un fonctionnement non nominal du poste. Par contre, une valeur inférieure n'apporte pas d'information très fiable sans connaître le schéma du poste. Dans ce cas, il faut dessouder et tester hors circuit. Ces résistances sont courantes dans les postes des années 1950-1960.


Nettoyage du boîtier

Si le boîtier est en bakélite ou en vinyle, un nettoyage au savon de Marseille devrait suffire. Vous pouvez compléter ce nettoyage par un produit destiné à rénover les matières plastiques.

Si le boîtier est en bois (généralement plaqué), il y a plusieurs possibilités. Les ébénisteries étaient généralement vernies et avaient un aspect très brillant. Si ce vernis est en mauvais état (craquelé, tâché...), vous pouvez tenter une restauration complète. Ôtez le vernis avec un décapeur en gel ou par décapage à chaud. Poncez le placage mis à nu. S'il est d'un bel aspect, vous pouvez vous contenter de le passer à l'huile de lin. Son aspect final sera mat mais le bois sera bien protégé et le résultat sera tout à fait réussi. Toutefois, cette approche fera frémir les tenants de la restauration telle qu'à l'origine car il ne sera plus tout à fait semblable à son aspect originel.

Vous pouvez également tenter de le vernir avec un vernis brillant mais vous n'obtiendrez pas l'aspect vitrifié d'origine.

L'idéal serait de faire un vernis au tampon mais la technique nécessite une certaine expérience. Une autre approche consiste à utiliser un vitrificateur appliqué avec un rouleau fin. Le placage doit alors être parfaitement débarrassé de toute trace de vernis. Le résultat sera proche de celui d'origine et le boîtier sera très résistant aux rayures et autres petits accidents. Vous trouverez toutes sortes de conseils sur la restauration des ébénisteries sur http://www.radiopassion.be/.